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Quelques serviteurs de Dieu se sont engagés à l’œuvre du Christ en faisant des vœux de chasteté. Pour l’amour et le service de Dieu, ils ont renoncé au mariage. Peut-on encourager un serviteur de Dieu à faire le vœu d’abstinence sexuelle ?

La Parole de Dieu nous renseigne que tous les hommes ne sont pas eunuques. Ceux qui font le vœu de chasteté devraient au moins faire partie de la minorité qui s’est rendu eunuque pour le royaume de Dieu[1] ! Nous excluons qu’ils soient nés eunuques car alors leur vœu n’aurait plus de sens. Il me semble en effet que le vœu d’abstinence est pénitence sur soi afin de trouver faveur et grâce auprès de Dieu ; qu’il est aussi la manifestation d’une volonté de consécration à l’œuvre de Dieu, afin de servir Dieu sans distraction aucune liée aux obligations du ménage. Nous supportons l’hypothèse d’un choix fait tout à l’honneur de Dieu.

Toutefois, l’homme fait de chair a-t-il puissance et autorité sur sa chair ? Nous lisons dans la Parole de Dieu le Christ qui déclare : «…sans moi vous ne pouvez rien faire.»[2]. La seule possibilité de vivre la chasteté qui plaît à Dieu serait de consulter le Christ, de connaître son intention pour notre vie conjugale et de se soumettre alors à sa révélation ! Du moment où la réussite d’un tel vœu dépend de la grâce souveraine de Dieu, il est inconvenant de faire des choix et d’informer Dieu qui seul nous connaît et qui seul a la maîtrise de nos lendemains. L’ordre qui sied à Dieu serait de le consulter sur ce qui touche notre futur affectif avant que de prendre des décisions irrévocables.

Dans l’ensemble, la Parole de Dieu encourage le mariage des serviteurs de Dieu[3]. Nous insistons qu’à moins d’être éclairé dans sa décision d’abstinence par l’Esprit de vérité, l’homme qui fait tel vœu tâtonnera au quotidien. Ce qui est logique à notre sens car comment vivre à contre courant quand même la doctrine que nous servons est entièrement favorable au mariage du serviteur[4] ? Nous n’avons rien apporté à la doctrine chrétienne et n’avons rien à y ajouter ; dès lors, nous persistons que le vœu d’abstinence sexuelle ne sera qu’une béquille de paille à moins d’être inspiré par l’Esprit de sainteté. La sainteté mimée et la sainteté au standard humain ne peuvent émouvoir le Dieu vivant pour qui l’obéissance vaut mieux que le sacrifice. La sainteté du chrétien est un don gratuit de Dieu. C’est Dieu lui-même qui nous prend en charge. Le salut est une œuvre élaborée par Dieu, depuis le commencement jusqu’à la fin[5] et l’homme y participe selon les conditions divines, non selon ses convictions propres.

Le culte du corps[6] est sans valeur tant qu’il ne procède pas de la foi éclairée de vérité. Autrement, les impositions au corps montreront leurs limites comme toute chose faite au nom de Dieu sans le consentement de Dieu. Pourquoi donc se donner de vaines peines ? Pourquoi se moquer de soi-même ? Que ferez-vous au jour où votre chair se rebellera de votre vœu ?

Que le Dieu de gloire vous sanctifie par la vérité.



[1] Mt 19.10-12 : «Ses disciples lui dirent : Si telle est la condition de l'homme à l'égard de la femme, il n'est pas avantageux de se marier. Il leur répondit : Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. »

[2] Jn 15.4-5 : «Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »

[3] 1Tm 3.1-2 : «Cette parole est certaine : Si quelqu'un aspire à la charge d'évêque, il désire une œuvre excellente. Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement. » 1Tm 3.12 : «Les diacres doivent être maris d'une seule femme, et diriger bien leurs enfants et leurs propres maisons… »

[4] 1Tm 4.1-3 : «Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l'hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience, prescrivant de ne pas se marier, et de s'abstenir d'aliments que Dieu a créés pour qu'ils soient pris avec actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité. »

[5] Ep 2.8 : «Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. »

[6] Col 2.20-23 : «Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes : Ne prends pas ! Ne goûte pas ! Ne touche pas ! Préceptes qui tous deviennent pernicieux par l'abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes ? Ils ont, à la vérité, une apparence de sagesse, en ce qu'ils indiquent un culte volontaire, de l'humilité, et le mépris du corps, mais ils sont sans aucun mérite et contribuent à la satisfaction de la chair. »

 

Toutes les citations sont tirées de la Bible, Version Louis Segond 1910.

Le titre original de ce texte est « La chasteté précipitée ». Le texte est tiré de ‘Lettre au Prince de Dieu’ par A.B. DOUNGMENE. Le livre en question est un ensemble de réflexions sur les bénéfices de la saine doctrine de Jésus-Christ. L’impression de cet extrait est libre pour tout usage personnel ou de groupe. La reproduction partielle dans un livre, blog ou site internet est autorisée à condition de citer les sources (ce site ou la source exacte).