Mise à jour: 22 septembre 2017

Chers bien-aimés en Jésus-Christ, chers lecteurs,

Nous avons la joie de vous présenter ci-dessous un court extrait de Les Dieux Traîtres, 2e Nouvelle Littéraire du Recueil Confusions Spirituelles.

L’injustice en milieu de travail cause tous les jours la perte de milliers d’hommes compétents parmi lesquels il ya de fervents chrétiens.

S’il advient que vous êtes victime d’un tel problème, que ferez-vous ? Que conseillerez-vous à celui qui en souffre ? L’histoire de Teyanlong vous invite à considérer la portée du pardon et de la confiance absolue en Dieu.

Nous vous souhaitons une belle lecture et attendons vos commentaires. Dieu vous bénisse !

Résumé du récit

Teyanlong est victime de licenciement inattendu. Choqué, il refuse d’accorder le pardon à ses employeurs et sombre dans la dépression. Dans cet état, il multiplie des erreurs spirituelles et se trouve pris au piège de ses ressentiments. C’est face à la mort et déjà otage des dieux qu’il revient au bon sens ; survivra-t-il ?

Avant l'extrait

(Avant l'extrait que nous présentons ci-dessous, Teyanlong a déjà fait un long chemin solitaire dans la nuit, l'extrait commence par la rumination mentale de ses échecs et de ses déceptions; c'est vers la fin de l'extrait qu'il reprend le récit de son voyage. La fin de l'extrait laisse sous-entendre que le monde invisible a forte emprise sur sa vie, quoiqu'il n'en était pas conscient jusque-là.)

 

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Début de l’extrait

Le compte des années gaspillées était devenu quotidien. Tous mes projets étaient à l’eau. La force de croire, la force de croire que demain est à faire n’était nulle part. La force de croire que le Seigneur est fidèle et présent à mes côtés n’était plus. Ma foi était rongée à mon insu et mon fiasco professionnel ne m’autorisait aucun espoir. « Quinze ans d’emploi, promesses sur promesses et le tout s’arrête comme ça ! » ressassais-je sans cesse.

« Pourtant j’étais bien apprécié par mes collègues ! Pourtant c’est moi qui donnais des coups de mains et qui avais même formé les quatorze collègues recrutés après moi ! Pourquoi la discrimination ? Quand il s’agissait des tâches difficiles, tous étaient gentils et savaient compter sur mon expertise. Ai-je failli quelque part ? Quel dossier ai-je mal traité ? Combien de fois suis-je venu en retard ? Quel collègue aurais-je trahi pour suspecter une quelconque vengeance de sa part ? N’ai-je pas servi ces gens avec crainte et tremblement comme me l’enseigne la Parole de Dieu ? Et Dieu donc ? Est-Il conscient de l’injustice grossière dont je suis victime ?

« Si Dieu a été avec moi pendant toutes ces années, pourquoi n’a-t-Il rien fait. Pourquoi ne m’a-t-Il pas permis d’accepter ou le poste de Dakar, ou celui de Bingerville ? » ruminais-je vaincu.

Mes dettes de location n’arrangeaient rien et les moqueries des voisins et des frères en Christ étaient devenus insupportables. Les premiers évoquaient la sorcellerie, les seconds soupçonnaient des blocages spirituels qui nécessiteraient des jeûnes et des prières. Le jeûne dans ma maigreur avait-il un sens ? Ma peau semblait si proche des os !

Rien dans mes rêves n’indiquait espoir. Tous les thèmes annonçaient troubles et souffrances. Chaque matin, il fallait des heures pour que je revinsse à moi. Mes rêves étaient chargés de tant de frayeurs que je reportais systématiquement l’instant du coucher. Le sommeil devait surprendre mes yeux sans quoi il n’était pas à l’ordre du jour.

Ma vie était devenue fardeau. J’avais besoin de payer mes dettes et le bailleur avait déjà menacé par trois fois de me mettre à la rue. N’eût été l’intervention du pasteur à chacune des fois, ce serait déjà fait. Dans mon esprit, tout se bousculait. « Pourrai-je retrouver un emploi ?» était quelque fois ma préoccupation. J’avais reçu des repas, des aides pendant les premières semaines. Au bout de deux mois, tous étaient lassés et découragés. Personne encore ne passait.

recherche d-emploi

Las de penser et de ruminer rancune, je décidai un jour d’aller chercher du travail.

Ce jour-là, je me rendis au marché, espérant aider à décharger les marchandises. Dès ma première demande de participation, le commerçant me dit plutôt :

« Tiens deux cent francs ; va manger. » (200 francs CFA valent 0,34 Euros environ)

Son don produisit un choc en moi. Je ne demandais pas la charité. Je tenais à travailler comme les autres. A mon insistance pour décharger, le Monsieur me répondit poliment :

«  Le nombre de déchargeurs est complet. »

M’étant éloigné en quête d’une autre opportunité, mes oreilles furent secouées par les paroles d’une vendeuse de légumes :

« Tu t’es regardé dans un miroir, va te soigner. »

A ces mots, je reçus un second choc. Mais voulant me convaincre qu’il ne s’agissait pas de moi ; je me retournai pour la regarder :

« C’est bien de toi, tu es malade, va te faire soigner, »répéta-t-elle énergiquement.

Je me sentis du coup malade et pris le chemin retour.

C’est vrai que je ne tenais plus compte du miroir. L’agression quotidienne incessante avait fini par me rendre indifférent quant à mon image corporelle. Le miroir risquait me rappeler l’état de mon dessèchement. Devant lui, j’avais déjà fait le constat des creux dans mes joues et je ne voulais plus qu’il me rappelât la cachexie de ma silhouette. La flottaison de mes vêtements jusque-là négligée devenait ridicule. Et si ma maigreur avait effrayé la dame ? Et si son intérêt pour moi était compassion sincère à détresse d’homme ? Paulin était le seul qui pouvait encore me comprendre et me donner des conseils. Seulement, il était en formation hors de la ville.

Aller aux réunions à l’église ? Pour quoi faire ? Seul le pasteur persévérait encore à m’adresser la parole. Pour les autres, Dieu m’avait rejeté et ils étaient convaincus de devoir se méfier de moi. Tout ce qui m’arrivait ne pouvait arriver à un enfant de Dieu et beaucoup me l’avaient déjà signifié. « Tu dois te confesser publiquement pour que Dieu te pardonne, » suggéra le responsable des jeunes.

« Dis-moi tout ce que tu as fait, libère-toi et le Seigneur te fera grâce, » demanda la diaconesse Abigaïl. Qu’avais-je à lui dire ? Je ne comprenais pas moi-même ce qui m’arrivait. La rancune pourrissait ma vie et j’aurais préféré que la diaconesse me demandât plutôt : « Que t’ont-ils fait de mal ? »

La communion fraternelle était devenue affaire des autres. Le silence était mon refuge permanent. Personne ne pouvait me comprendre et j’en étais persuadé. Même ceux qui au début m’avaient accordé leur soutien finissaient par opter pour la réserve. Pourtant, trois mois avant la perte de mon emploi, l’église avait tenu un séminaire sur les souffrances de Job.

Job dans son histoire a connu la pire détresse qu’un humain puisse supporter mais a persévéré jusqu’au bout, sans jamais renier Dieu. Le séminaire avait exhorté à la patience envers ceux qui sont éprouvés dans leurs vies. A présent, le séminaire était oublié dans la mémoire collective et je m’en rendais bien compte. J’étais seul à recoller les pièces des enseignements reçus. Dieu avait peut-être quelque chose à dire. Mais pour l’instant, je n’en pouvais plus. Me retirer était préférable à l’hypocrisie car à quoi bon enseigner si personne ne peut mettre les enseignements en pratique ?

La nuit était dense et seuls les insectes nocturnes animaient l’obscurité de leurs musiques. La fraîcheur de décembre me tenaillait les os mais que faire ? La fatigue me rongeait mais que faire ? Je m’étais engagé à marcher jusqu’au matin. Seulement, des questions se mirent à me presser l’esprit. Est-il permis de traverser les villages à des heures avancées ? Et si des êtres invisibles me suivaient ? » Minuit devait être passé et mes pensées se heurtaient. 

Le souvenir des voyageurs de la Bible réussit à ralentir ma marche. Dans la plupart des histoires de voyageurs de la Bible, ils évitent de passer la nuit à la belle étoile. Par ailleurs, j’avais appris des histoires assez curieuses de pouvoirs mystiques au sahel… Etait-ce de la légende ou une réalité courante ? « Les gens racontent en ville que certains villages sont gardés par des forces mystiques. D’autres sont surveillés par des sorciers qui se rendent invisibles à partir de certaines heures de la nuit, juste pour assurer la sentinelle… »

Ces souvenirs me mirent mal à l’aise.

Je sentis la crainte approcher mon cœur. « Depuis le propriétaire du vélo, je n’ai rencontré aucun piéton, à part quelques camions et quelques cars de voyage qui me dépassent ou me croisent de temps en temps... Et si j’étais en train d’enfreindre les coutumes du village ?... » Toutes ces réflexions agacèrent mon esprit et je résolus de m’arrêter. Il valait mieux m’asseoir ou me coucher dans l’herbe et attendre le petit matin pour reprendre la marche.

Quelques pas plus loin, je constatai un champ entouré d’eucalyptus. Je descendis du trottoir (car le niveau de la route était plus élevé). Je m’assis au pied d’un eucalyptus, grelottant de froid, espérant que le sommeil me ferait oublier les douleurs de mes genoux, de mes jambes, de mon estomac et de mes intestins. Tout craintif et cependant prudent, je crus bon de faire une prière aux dieux dudit village, afin qu’ils m’accordassent un séjour paisible auprès d’eux pendant cette seule nuit. C’est la dernière des catastrophes qui puisse arriver à un fils de Dieu.

La nuit fut entrecoupée par des piqûres de moustiques, des cauchemars et des voix de personnes invisibles. Avant le matin, j’entendis des voix me parler : des personnes virtuelles me menacèrent et me promirent de doubler ma galère si jamais je faisais le chemin retour vers Bamako.

Curieux !« Le monde spirituel serait-il au courant de ce que j’ai souffert dans la ville depuis des mois ? Et pourquoi me menacer ? Si vraiment les esprits existent, ne doivent-ils pas être gentils puisque je leur ai respectueusement demandé la faveur d’une nuit paisible ?… »

En cette nuit noire, j’ignorais encore la teneur de la méchanceté des dieux, ou plutôt, la peur me fit commettre une erreur aux conséquences mortelles n’eût été la miséricorde du Dieu vivant./

Fin de l’extrait

 

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