Télécharger version PDF: 30Temoignage_de_Theophile_Amougou__ex_occultiste

Temoignage de Theophile, ex occultiste

 

 

 

 

1.                Les premières années de ma vie

Je suis Africain, plus précisément Camerounais, né le 30 mai 1969 au sud du Cameroun, en forêt équatoriale, dans une ville appelée Sangmélima, à deux heures de voiture de Yaoundé, capitale administrative du Cameroun. Sangmélima est à la limite entre le sud du Cameroun, le Gabon et la Guinée Equatoriale. Mes parents étaient du groupe ethnique des Bétis.

Je suis né dans une famille modeste, mon père était infirmier, ma mère ménagère. J'étais le sixième enfant d'une famille, qui, plus tard allait en compter sept. Mes parents étaient des Catholiques très pratiquants, et avaient des responsabilités dans l'église locale.

Ma naissance fut peu ordinaire ; ma mère vivait une vive tension avec sa belle-famille. Ceci devait l'amener à être répudiée par la belle-famille, qui l'a accusée de grossesse adultérine. En Afrique la répudiation d'une femme pour des raisons d'adultère reste une grande humiliation pour la femme mariée et sa famille.

Ces accusations n'avaient pas de fondement sérieux, et la  bonne moralité de ma mère fut prouvée à ma naissance car je ressemblais parfaitement à mon père. Selon la tradition de l'ethnie Béti au Cameroun dont je suis originaire, je devais recevoir le nom d'un homme dont je serai désormais l'homonyme. Le petit frère de mon père, Amougou Théophile, instituteur directeur d'école primaire à Yaoundé, a eu cet   honneur de donner son nom à son neveu.

Je reste persuadé que, si le consentement de ma maman avait été sollicité, elle aurait exprimé son désaccord pour de nombreuses raisons de famille à cette époque précise. Les événements qui marquèrent ma vie par la suite confirmeront les réticences de ma mère vis-à-vis de la belle-famille.

J'avais moins de 5 ans lorsque nous avons quitté la ville de Sangmélima pour aller à Yaoundé, la capitale du Cameroun, à la suite d'une affectation administrative de mon père qui était infirmier.

Selon "le rituel de l'homonyme", l'enfant doit ressembler dans plusieurs domaines à celui dont il porte le nom. En général, c'est un homme pour qui on a de l'admiration. Ainsi mon oncle m'apporta affection et conseils, auxquels s'ajoutèrent de nombreuses séances d'occultisme alors que je n'avais même pas atteint ma huitième année. Je me souviens qu'il y avait deux et parfois trois personnes présentes qui allumaient des bougies, qui traçaient des figures sur le sable, qui versaient des liquides, qui faisaient des scarifications sur mon corps, qui faisaient des impositions de mains sur moi, etc.

Ces séances d'occultisme avaient pour but non seulement de m'apporter la protection, mais aussi  de préserver ma sagesse et mon intelligence ; mon oncle voulait que je sois à son image, comme notre tradition l'exigeait.

Je garde encore des souvenirs et des témoignages authentiques de séances de spiritisme, de nombreuses scarifications que je porte sur mon corps, reçues dans la douleur. Les scarifications en elles-mêmes semblaient être de simples rites. Cependant spirituellement, elles eurent un impact puissant avec les ténèbres et furent des contributions sanguines que

Satan exigeait de nous. Dans de rares cas, un animal domestique devait être égorgé selon un rituel démoniaque. Le plus souvent, du sang humain était exigé. En effet, de nombreux pactes dans le monde occulte sont scellés par le sang au travers des pratiques citées plus haut.

Les séances occultes coûtèrent des sommes considérables à mon oncle. Les initiations reçues devaient être gardées secrètes, règle d'or pour ces marchands de puissance. Nous avions la certitude, comme de nombreuses personnes, que nous étions à l'abri de tout soupçon.

Ces séances, supposées être pour nous des bénédictions et autres protections étaient en réalité des séances de possessions démoniaques, pour les apprentis sorciers que nous  étions sans le savoir.

Alors que j'avais 4 ans environ, ma mère étant absente, j'étais un jour en visite chez une tante à Yaoundé. Cette tante, pour laver le linge, avait acheté de l'eau de Javel qu'elle avait versée dans une bouteille vide des Brasseries du Cameroun. Croyant qu'il s'agissait de Top Champagne, j'ai pris la bouteille et j'avalai une forte dose d'eau de Javel. Toutes les conditions étaient réunies pour ma mort.

A cette époque, à la suite d'un différend entre mes parents, ma mère  était partie du domicile pour résider temporairement dans la famille maternelle. Lorsqu'elle apprit ce qui venait de m'arriver, elle rentra précipitamment à la maison. Ayant retrouvé le domicile conjugal, elle a pu veiller sur moi pendant cette longue période d'hospitalisation qui dura plusieurs mois, à l'hôpital central de Yaoundé. Après plusieurs mois, la guérison fut miraculeuse, au-delà de toute espérance du corps médical stupéfait.

Vers la même époque, un autre événement aussi dangereux s'est produit après ma guérison totale de l'intoxication. J'ai introduis une paire de ciseaux dans une prise électrique à la maison. La secousse électrique du courant a été très forte, et j'ai eu la vie sauve grâce à un cousin qui a eu le réflexe d'arrêter le courant au niveau du compteur électrique.

Pendant les cérémonies funéraires, la famille se devait de respecter les traditions et coutumes des ancêtres. En particulier, il fallait prendre un bain de purification, soit par immersion dans une rivière, soit par aspersion d'un mélange de potions diverses aux compositions complexes. Je me souviens que vers l'âge de 15 ans, à la suite d'un tel bain, je devais recevoir, comme bien d'autres membres de la famille, une étoffe attachée à la main.

Cette étoffe servait  de lien avec le mort. J'étais un adepte et un défenseur de ces rites démoniaques présentés sous la forme de "traditions   ancestrales" au grand public. En réalité, c'est au cours de ces rites que des notables initiés acquièrent un pouvoir mystique leur permettant d'asservir plusieurs personnes ignorantes.

2.                Les débuts de la scolarité

Je vais maintenant vous parler un peu de ce qui s'est passé durant ma scolarité. Pour les classes de l'école primaire, mes parents m'avaient inscrit dans une école  primaire d'une Mission Catholique à Yaoundé. Je trouvais que l'école était un univers nouveau et particulier, et malgré mes origines modestes et mon jeune âge, je n'avais pas de complexe au milieu de cette multitude aux origines ethniques et sociales diverses.

Mon père était un homme réservé, respecté de tous de par ses qualités. Ma mère était très ouverte et sage selon les traditions africaines. Leurs concours influencèrent mon éducation et mon comportement. J'ai reçu une éducation basée sur les principes de la morale.

Dans mon enfance j'étais si bavard qu'à la maison j'ai reçu le surnom de "45 tours" (disque musical de l'époque). Mes parents, au vu de mes capacités oratoires, auraient voulu pour moi une carrière journalistique.

Ma scolarité en cycle secondaire se passa dans un premier temps dans un Collège privé de la Mission Catholique à Makak (45 mn de train de Yaoundé, direction  Sud-ouest). A Makak, j'étais interne, mes parents ayant préféré cette formule, pensant que les difficultés de l'internat me procureraient la maturité nécessaire. Si mes parents m'ont placé à Makak, c'était non seulement par conformité avec leurs convictions religieuses, mais aussi pour la qualité de l'éducation et de l'enseignement dispensé dans les institutions  Catholiques. De nombreux hommes politiques, ou d'autres qui ont des responsabilités importantes au Cameroun ont fait un parcours dans de telles écoles.

Ensuite je suis allé au Lycée public de Yaoundé, puis au Collège privé Samba, fondé par une personne attachée aux valeurs morales et religieuses.

Ma formation scolaire, que ce soit en primaire ou au Collège de Makak, a été empreinte de la coloration religieuse de mes parents. J'ai été enfant de chœur, et membre actif dans diverses activités religieuses, tout ceci malgré mes activités occultes restées secrètes.

Tout ce cursus scolaire remplissait mes parents de contentement puisque selon les apparences, je suivais allégrement leurs pas ; c'était l'hérédité spirituelle selon l'homme, à laquelle mes parents étaient attachés. Du reste, mes parents aspiraient à ce que je devienne prêtre Catholique spécialisé dans la communication, que ce soit la presse, la radio, etc.

Au cours des études secondaires, je connus un  refroidissement dans les activités religieuses, et trouvais un grand intérêt pour les passions dites mondaines et sociales. C'est ainsi qu'on pouvait remarquer ma présence au sein de nombreux comités directeurs d'associations. A cette époque, j'étais secrétaire général de l'association Inter-Clubs Unesco, Je m'occupai également d'associations de voyages à l'intérieur du Cameroun, etc.

Malgré ces occupations  extrascolaires, mes études n'en pâtirent pas. Ainsi, mes voyages d'études et autres excursions furent financées volontairement par mes parents.

3.                La confrontation avec Solange

En classe de seconde, alors que j'étais au Lycée public de Yaoundé, je fus confronté à une camarade de classe dont le comportement était incompréhensible pour moi. Elle s'appelait Solange. Elle brillait par son calme, sa douceur, son humilité, sa disponibilité... Ce comportement si différent des autres demeurait un mystère pour moi.

Au collège et au lycée, les expériences sexuelles variées et fréquentes étaient  de convenance. A tel point que même les professeurs encourageaient les expériences sexuelles entre copains et copines dans ce domaine, prétextant la nécessité de ne pas laisser trop longtemps son corps sans exercice. Je n'avais pas de problème particulier  pour avoir une liaison passagère avec les autres filles de la classe, d'autant plus que la plupart tombaient facilement sous le charme de mes pouvoirs occultes. Certaines, ayant eu des liaisons avec moi, ont eu de graves problèmes relationnels par la suite, et l'une d'entre elles, ayant des difficultés de mariage, est allée consulter un marabout. Ce marabout lui a donné la description d'un personnage qui a une forte influence occulte sur sa vie. Quelques années plus tard, j'ai eu connaissance de la description faite par ce marabout, et je me suis parfaitement reconnu dans cette description.

J'ai tenté à plusieurs reprises de posséder ma camarade Solange, mais j'ai toujours essuyé un échec humiliant pour moi. Solange s'est mariée pendant cette année où  nous étions en classe de seconde. Bien qu'elle fût assez jeune, ses parents avaient arrangé les choses pour que le mariage ait lieu avant que le mari ne parte, car il devait faire des études en Europe. Or, je m'aperçus que j'étais le seul camarade de classe à ne pas être invité ! J'étais très frustré et un sentiment m'envahit : celui d'être confronté à une force mystérieuse, inexplicable, et de plus une force qui n'acceptait pas de se plier à mes pouvoirs occultes. Cela me bouleversait d'entendre Solange  dire à chacun qu'on doit garder son corps pur jusqu'au mariage pour son mari. C'était un concept inconcevable pour moi.

Ne pouvant accepter d'aussi cuisant échec, je changeai maintes fois de stratégie, inspiré par Satan. Parfois ce fut une grande haine sans fondement provoqué par l'orgueil de la vie. Pire encore, après les échecs dans le combat spirituel, je décidai de m'engager dans le combat physique, et souhaitais la rouer de coups pour lui faire du mal, mais je n'ai jamais pu le réaliser, car au  dernier moment, c'est comme si une force m'empêchait de réaliser ces projets funestes. C'est alors qu'une grande crainte enveloppa mon être entier et suscita plusieurs interrogations en moi, du fait que j'avais la conviction d'avoir une grande influence sur tout être humain.

A cette époque, j'étais convaincu que ma dénomination religieuse (l'église Catholique) était synonyme d'une assurance du salut éternel. Mais Solange prophétisa en disant qu'un jour, Dieu me conduirait au salut en Jésus-Christ. Elle prophétisa également en disant qu'après ma conversion à Jésus, Dieu me lancerait un appel pour travailler dans l'œuvre du Seigneur.

Ayant acquis des pouvoirs dans l'occultisme, je ne pouvais pénétrer le mystère de la vie de cette camarade. Par contre, le message de l'Evangile de puissance de Jésus-Christ qu'elle annonçait était manifestement une puissance réelle, brisant tout mon orgueil.

Ne connaissant pas la vérité, obscurci par toutes les formes de possessions démoniaques acquises dans l'ignorance de la vérité, tout ce qui me restait à faire fut de me cacher derrière la religion de mes parents (le Catholicisme) et d'endurcir davantage mon cœur à la vérité par un entêtement sans fondement en défendant ma dénomination avec la dernière énergie. Je parlais rarement du Seigneur Jésus-Christ et de son œuvre dans ma vie, par contre je cherchais à défendre ma communauté et surtout la religion dans laquelle je me trouvais. Cette religion était un véritable camouflage. Je combattais et persécutais ma camarade, méprisais et transformais la Parole de Dieu en railleries.

J'ai vécu cette expérience non seulement avec ma camarade Solange, mais aussi à d'autres occasions avec d'autres Chrétiens véritablement nés de nouveau, d'une manière différente mais similaire.

Bien des personnes furent victimes, à des degrés plus ou moins graves, de mes pratiques occultes, dans la famille, dans mon entourage, dans mon église. Personne n'aurait pu imaginer cet aspect triste de mon personnage. Pourtant, partout j'étais aimé, portant des vêtements d'agneau, alors qu'en réalité, j'étais un loup ravisseur.

Ceux qui, comme ma camarade Solange, m'ont annoncé l'Evangile, m'aimaient en tant que créature de Dieu, mais haïssaient le péché et la vie spirituelle ténébreuse qui étaient en moi. Par contre, l'institution religieuse Catholique que je fréquentais s'attachait non pas à l'assurance de mon salut, mais aux services que je rendais à la communauté avec l'approbation de tous.

De nombreuses responsabilités occupées dans la religion et mon zèle n'étaient qu'un masque pour camoufler ma véritable identité d'adepte de Satan.

4.                Les contacts avec le devin de Mbadjock

Parvenu à l'âge de 20 ans environ, j'étais au Collège privé Samba, et je passai l'examen probatoire de clôture de la classe de première. Ce fut un grand étonnement pour tous de s'apercevoir que je n'avais pas réussi cet examen. C'était un échec inexplicable, puisque les moyennes de mes notes avaient été très correctes tout au long de l'année. Cela provoqua des inquiétudes manifestes, tant chez les enseignants que chez mes propres parents.

En effet, mon oncle s'arrangeait, avant tout examen important dans ma scolarité, pour avoir des contacts avec le monde occulte afin de garantir mon succès.  Je me souviens d'une fois où j'avais reçu de la main de personnes initiées un stylo particulier pour rédiger ma composition le jour de l'examen, ainsi que des instructions très précises sur le comportement que je devais avoir le jour de l'examen, comme ne pas saluer telle personne, etc.

C'est alors qu'un autre oncle maternel, différent de mon oncle paternel homonyme, détenteur de plusieurs biens, a conseillé à ma mère de consulter un devin pour assurer ma réussite scolaire et professionnelle. Cet oncle prétextait qu'au vu de mon échec scolaire, il était évident qu'un mauvais sort avait été jeté sur moi, et que seul un devin pourrait apporter la solution à mes problèmes. Si pour ma mère ce furent des expériences nouvelles, ce n'était pas le cas pour moi du fait de mes connaissances avec le monde occulte depuis mon jeune âge, connaissances que je gardais secrètes, me gardant bien de confier quoi que ce soit à ma mère.

Ma mère, il faut le noter ici, n'était pas vraiment d'accord pour de telles consultations, cependant elle finit par céder aux pressions de certains membres de la famille partisans aveuglés par ces rites occultes.

Alors commença le long périple secret, ma mère et moi, à la recherche de solutions à mes difficultés via les médiums, les devins, qui nous firent faire des kilomètres en savane (en particulier entre Ngaoundéré et Yaoundé) à la recherche de la "vérité". J'avais une vingtaine d'années à l'époque.

Nous avons cherché à consulter plusieurs personnes mais c'est avec une seule que nous avons eu des relations suivies. Ce devin officiait à Bibé, près de Mbadjock, ville de la Société Sucrière du Cameroun) Cet agent de Satan a été surpris de savoir que nous avions parcouru tant de distance à pied pour le trouver dans un coin de brousse aussi reculé pour bénéficier de ses services. Il s'est demandé comment nous avions eu son nom et son adresse, et il a été impressionné de voir son pouvoir agir de la sorte, et il a aussi été impressionné de voir à quel point nous étions déterminés à recevoir ses services, sans tenir compte des difficultés de la démarche pour le rencontrer.

Bien que nous promettant la délivrance, il me remplit encore plus d'esprits méchants. Il me donna également des objets occultes sensés êtres gardés secrets : des écorces, des potions mystiques, etc. C'était une nouvelle étape dans la progression dans le monde des ténèbres.

Les différents contacts avec les mauvais esprits depuis mon enfance ne furent qu'une préparation pour des événements dramatiques que j'allais vivre plus tard dans le spiritisme.Satan savait que Dieu avait commencé à se révéler dans ma vie, et il tenait à récupérer cette révélation pour sa propre gloire. Il utilisa cette stratégie avec une extrême minutie et une ruse inouïe.

5.                Abdou du Sénégal et le Gourou

Je vais vous parler d'un autre personnage. Abdou était un riche commerçant Sénégalais de confession religieuse islamique qui possédait plusieurs épiceries à Yaoundé. Depuis plusieurs années,  j'étais un client assidu, et nous devînmes amis. Il avait fait fortune au Cameroun, bien que son train de vie apparent était assez modeste, et il me donnait beaucoup de cadeaux.

Par son intermédiaire, je devais passer par l'une des expériences les plus douloureuses de ma vie. Il me proposa les services d'un gourou Sénégalais résidant au Cameroun, qui appartenait à une puissante confrérie d'une religion orientale basée au Sénégal.

La première réaction que j'ai eu face à la proposition d'Abdou fut de lui rappeler mes convictions Catholiques, auxquelles j'attachais mon salut ! Abdou me dit tout simplement que le service qu'offrait le gourou ne tenait pas compte de la confession religieuse.

A l'époque, j'étais extrêmement séduit par le « succès » de certaines personnes dans mon entourage et dans le monde en général. Or, je savais que la plupart de ceux qui avaient réussi, avaient eu des contacts avec le monde occulte. Parfois, ils le confessaient dans les médias devant des milliers d'auditeurs et de téléspectateurs aveuglés.

Je comprenais qu'Abdou me servait de parrain pour m'introduire auprès de ce gourou, d'autant plus que les effets exigés par le gourou ont dû être acquis par mon ami. Les consultations du gourou coûtèrent des sommes faramineuses, sans compter une longue liste de produits qu'il fallait fournir : tous haut de gamme. Je garde le souvenir de quelques-uns : de la poudre d'or que j'avais récupérée auprès d'un bijoutier Ouest-Africain à Yaoundé, des parfums rares, etc.

Le rendez-vous à Yaoundé entre le gourou et moi fut négocié par Abdou. Le gourou était un personnage âgé de 40 ans environ dont j'ai découvert quelques années après mon initiation la véritable identité d'agent de Satan. Il n'avait aucune activité officielle, tout était officieux, et il fallait être présenté par un parrain. Le père du gourou était un grand médium qui faisait le tour du monde, leader spirituel universel d'une puissante confrérie d'une religion orientale basée au Sénégal.

J'ai rencontré d'autres personnes qui étaient en relation avec ce gourou, elles étaient plus âgées que moi, et proclamaient toutes qu'elles retiraient beaucoup de succès et de richesse par leur contact auprès du gourou. J'étais le plus jeune des disciples du gourou, et il voyait en moi quelqu'un de jeune qui avait un bel avenir assuré devant lui dans la sorcellerie.

Le gourou me donna une potion d'or en vue du baptême initiatique pendant sept jours. Je devais venir tous les jours chez  lui pendant sept jours, dans le plus grand secret, pour prendre un bain dans un mélange d'eau et de potion. Je recevais également des aspersions de lotions diverses. Même mon parrain Abdou ne devait pas être au courant des séances d'initiation.

Après cela  le gourou me remit des objets que je devais garder à l'abri de tout regard afin que personne ne m'interroge sur la provenance et l'utilité de ces objets.

Ces objets n'étaient rien d'autre que des talismans. Certains disciples du gourou pouvaient recevoir ces objets par le moyen d'une adresse trouvée dans des journaux ou magazines. D'autres personnes pouvaient recevoir les talismans par des canaux mystiques, par des moyens surnaturels. Ces autres adeptes m'ont fait comprendre que c'était un privilège  pour moi que de recevoir les talismans directement de la main du gourou lui-même.

Ensuite j'ai reçu du gourou des instructions dont la fermeté fit naître en moi une grande crainte ! Ainsi je devais désormais pratiquer avec foi la religion de mes parents (religion Catholique). Celle–ci devint un véritable camouflage de mes pratiques de sorcellerie, puisqu'il ne se trouvait dans cette religion aucune puissance pour déranger mes convictions démoniaques.

De nombreux ecclésiastiques sont tombés sous la séduction des esprits qui me hantaient. Ils croyaient que ma conduite était exemplaire alors que personne ne savait qui j'étais. D'autre part, je n'avais pas le droit d'ouvrir les talismans que je possédais. J'avais été prévenu que si j'omettais de porter ces objets, je serai immédiatement privé de nombreux avantages, et je serai également exposé à des dangers de mort. Je dois reconnaître que je m'engageais dans cette voie avec des doutes dans mon cœur, mais ceux-ci s'effaçaient en fonction des personnesavec lesquelles je me trouvais.

Les puissances qui opéraient me permettaient d'être en tête dans tout ce que je pouvais entreprendre. En particulier, je pouvais séduire des femmes qui recevaient des esprits méchants au cours des actes sexuels. J'ai connu des amies qui sont décédées quelques temps après nos relations. Je pouvais arracher les chances de réussite aux hommes que je contrôlais spirituellement et de façon démoniaque.

Ma vie désormais était réglée par le gourou dont j'étais devenu l'esclave, le prisonnier par le moyen des objets maléfiques auxquels je rendais un culte d'idolâtrie permanent. En fait, avec ces talismans, je vivais dans un état de stress permanent, bien plus qu'avant mon engagement avec le gourou. J'avais un nouveau style de vie, baigné d'hypocrisie. Je suis devenu méchant et rempli de suspicions à tous égards. Je réalisais que les personnes sous alliance satanique connaissent des tourments nuit et jour. Ces personnes refusent catégoriquement d'écouter toute parole de Dieu qui donne la vie. Quand ces personnes ont un poste de responsable d'entreprise, leurs employés subissent régulièrement des traitements humiliants. Parfois les employés ne perçoivent pas leur salaire bien que l'entreprise réalise de gros bénéfices. Pour obtenir un quelconque service d'eux, le chef d'entreprise prend la place de Dieu dans la vie des employés. En définitive ils adorent la gloire éphémère de ce monde, et se plongent dans la luxure.

Le Gourou ne me parlait jamais du diable, mais il parlait souvent de Dieu (j'ai compris plus tard qu'il ne s'agissait pas du Dieu Tout-Puissant).

Le gourou prononça un certain nombre de prophéties, dont quelques-unes s'accomplirent, celle qui resta la plus certaine fut la prophétie qui annonçait mon départ du Cameroun. Il m'interdit de lui écrire, sauf à l'accomplissement de la prophétie du retour au Cameroun.

J'étais très impressionné, et fier de savoir que j'allais partir pour l'étranger, d'autant plus que tous ceux qui demandaient ses services avaient obtenu complète satisfaction en ce qui concerne les éléments temporels !

Toutefois, plusieurs d'entre nous, disciples du gourou, réalisions que les honneurs, la protection, les richesses, étaient des chaînes de la captivité qui se resserraient sur nous. A la recherche du bien-être, de la satisfaction de mes besoins, je me trouvai au service d'un triste personnage, dont le seul intérêt était ma mort spirituelle et physique.

Dans mon aveuglement, pour fuir les problèmes profonds de manque de paix intérieure, je me livrais à la volupté et aux plaisirs de ce monde. Les dégâts spirituels devinrent évidents dans ma vie, puisqu'en moi je n'avais pas de paix, malgré le fait que le gourou de la secte me rassurait en me disant que ma prospérité matérielle m'apporterait de la satisfaction.

Tout succès et toute promotion s'obtenaient par des actes obligatoires. Il fut demandé à certains d'entre nous d'avoir des relations sexuelles (et parfois homosexuelles) incestueuses avec des proches parents: ses propres enfants, nièces, cousines, viols sur mineurs, etc.

6.                Les débuts au Maroc - Un avenir prometteur

Après mon échec scolaire vers l'âge de 20 ans, j'ai arrêté les études classiques et suivis une formation auprès d'un ami qui était un des fils du propriétaire de l'Hôtel des Progrès à Yaoundé, qui s'appelait Adi Léon. Cet ami pratiquait beaucoup l'occultisme, et en particulier la numérologie. Il donnait des conseils et des prédictions à partir des nombres. Son père avait beaucoup de pouvoirs mystiques, et de nombreuses malédictions étaient attachées à cette famille. Le frère de Adi Léon s'est suicidé. Quant à Adi Léon lui-même, il est mort dramatiquement dans un accident de véhicule.

Lorsque j'ai eu 23 ans, mes parents ont pensé qu'il fallait tenter une expérience de formation à l'étranger. Et au mois d'août 1992, je quittai le Cameroun pour le Maroc.

A ce moment-là, j'ai cru aux prophéties du gourou et j'étais réjoui d'imaginer un avenir prometteur, un avenir en rose. Avant mon départ du Cameroun, le gourou m'a dit que je devrai lui écrire dès que tout ce qu'il avait prédit serait accompli, afin qu'il puisse renforcer ma puissance. Ayant quitté le Cameroun au frais de la famille, j'avais une foi ferme dans les talismans que je portais et j'avais la ferme assurance de tout obtenir.

Ainsi, une fois au Maroc, j'ai obtenu une bourse d'étude de l'Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI) avec le soutien de l'ambassade du Cameroun au Maroc. Normalement, j'avais peu de chances que le dossier soit appuyé par l'ambassade du Cameroun au Maroc, parce que l'ambassadeur était du Nord Cameroun, et le diplomate chargé d'étudier mon dossier à l'ambassade était un Bamiléké, peu enclin à aider le Béti que j'étais. La facilité avec laquelle mon dossier a reçu l'approbation de tous m'encourageait car c'était agréable et flatteur d'obtenir de tels succès avec autant de facilité contre toute attente rationnelle.

Une fois au Maroc, je continuai à fréquenter l'Eglise Catholique à laquelle adhéraient mes parents, d'autant plus qu'à aucun moment ma puissance démoniaque n'était menacée. J'occupai de nombreuses hautes responsabilités dans une association religieuse internationale regroupant des étudiants ressortissants de plusieurs pays. Je fus même délégué au synode de l'église au Maroc. Le synode était ce rassemblement de personnes s'interrogeant sur le devenir de cette église. Bien qu'adepte des puissances occultes j'ai pu pénétrer l'église Catholique pendant plusieurs années sans être inquiété.

Si aux yeux des hommes, j'étais au-delà de tout soupçon, Dieu était parfaitement au courant de mes activités destructrices et des ravages que je causais dans la société et au peuple de Dieu, et des relations sexuelles dépravées. J'ai terminé mes études au Maroc en 1995. J'avais donc 26 ans lorsque je suis devenu titulaire d'un diplôme en administration et en gestion des entreprises.

Au Maroc, j'avais plusieurs amis parmi les étudiants issus de Centrafrique, Congo, Côte d'Ivoire,  Burkina Faso. Ces étudiants étaient pour la plupart fils et filles de hauts dirigeants d'Afrique subsaharienne. La grande majorité de ces étudiants avaient reçu des initiations dans le spiritisme dès le jeune âge.

De nombreuses opportunités s'ouvrirent pour moi au Maroc. Plusieurs contacts avec de richissimes arabes et occidentaux ont été pris, ce qui continuait à être conforme aux prédictions du gourou.

Par l'intermédiaire d'une amie anglaise, j'ai été mis en contact avec un industriel arabe originaire d'un pays du golfe persique, copropriétaire d'une chaîne hôtelière possédant une dizaine d'hôtels luxueux dans le monde. J'ai passé deux mois avec cet industriel au Maroc.

L'expérience était nouvelle pour moi, et m'ouvrait de nouveaux horizons, mais n'a abouti à aucune suite tangible.

7.                Ahmed le Marocain et les grands projets

Le deuxième contact sera plus fructueux car cet ami Marocain, Ahmed, avec qui j'allais travailler était propriétaire de vastes exploitations agricoles dans la région du Souss au Maroc.

La complicité avec mon patron Ahmed sera profonde. Un appartement tout confort fut mis à ma disposition, un service princier à tous égards. A cela s'ajouteront des moments tristes d'horreur, de nombreuses messes noires au cours desquelles je devais avoir des relations sexuelles avec plusieurs femmes dont la majeure partie était des agents de Satan puissamment utilisées dans la prostitution ; toutes étaient d'une beauté inouïe et remplies d'esprits de séduction, je tombai sous le charme et reçu de nombreuses possessions démoniaques supplémentaires. D'ailleurs la résidence où je logeais était hantée.

Plusieurs personnes de l'entourage d'Ahmed faisaient venir régulièrement des médiums. Mais séduits par de telles femmes, la plupart sont tombés sous l'influence des puissances des ténèbres, causant des troubles spirituels et physiques graves : foyers troublés, maladies incurables, pertes d'emploi sans explications...

D'autres sont morts sans avoir connu les causes profondes de leur décès, c'était le véritable séjour des morts. Au cours de ces abominations, je recevais la louange de quelques témoins. L'expérience du travail avec Ahmed fut très florissante pour moi : de nombreuses décisions prises par ce patron  étaient sous mon influence. Sa pratique religieuse de l'Islam ne pouvait le protéger de la domination démoniaque. Mon ami Ahmed était aussi un grand adepte des pratiques occultes orientales. Ahmed avait un grand amour pour l'argent, les honneurs, la gloire et c'est dans cet esprit que nous fûmes unis.

Ahmed sollicita ma collaboration pour l'implantation d'un consortium minier au Cameroun avec le concours de plusieurs hommes d'affaires Arabes. Le but de cette structure industrielle était l'exploitation des pierres précieuses et l'or du sous-sol Camerounais dans le cadre d'un projet Maroc-Cameroun. Je voyais déjà des millions de dollars à ma portée en perspective. Pour ce faire, des contacts furent pris au niveau du Cameroun depuis le Maroc.

Nous envisagions de rencontrer les plus hautes autorités au Cameroun. Si, au niveau du monde visible, on aurait pu penser que ce consortium minier était une aubaine pour la création de nombreux postes de travail offerts à des Camerounais au chômage, une autre réalité, c'est qu'à la suite des activités dans le monde occulte, de nombreuses personnes devraient mourir dans des incidents dramatiques planifiés par le diable en guise de sacrifice. Je le savais, mais n'en étais pas affecté, car j'avais totalement basculé vers un esprit de meurtrier, afin de m'assurer un eldorado financier.

A cette époque, j'avais plusieurs sollicitations pour des possibilités de faire des investissements au Cameroun, en exploitant les créneaux entre le Cameroun et les pays du Maghreb. Tout allait pour le mieux selon les hommes, mais je vivais des nuits sans sommeil, tourmenté par l'emprise des démons.

C'est dans cette période qu'une famille bourgeoise marocaine, propriétaire d'une grande exploitation agricole d'Ouleid-Teima, petite ville du sud du Maroc entre Agadir et Tarodant (ville berbère), décida d'effectuer un séjour d'affaires au Cameroun. Une autorisation de séjour fut délivrée dans ce sens par le Ministère de l'Intérieur Camerounais pour un séjour de deux mois pour ces partenaires d'affaires.

Je devais aller avec eux au Cameroun pour ce séjour qui devait me faire entrer dans ''le club des nouveaux riches Camerounais'' comme cela avait été annoncé et prophétisé par le gourou Sénégalais. Au moment où nous venions de prendre les dispositions pratiques pour notre déplacement au Cameroun, le Seigneur Dieu Tout-Puissant déploya son dispositif pour arrêter ce projet.

8.                Alfred l'Ivoirien - La nouvelle naissance

En effet, quelques mois après l'obtention de mon diplôme de fin d'études au Maroc, j'avais décidé d'aller rendre visite à un ami compatriote Camerounais, du nom de Jean-Paul Ondoua Zang, qui était à la fin de ses études de médecine vétérinaire. Quelques instant plus tard, un jeune homme allait faire son entrée dans l'appartement où nous nous entretenions. Il s'appelait Alfred. Il me serra la main par une salutation pleine de compassion et j'eus l'impression de par ce simple contact qu'il me connaissait très bien, mais il n'en était rien. Alfred, originaire de la Côte-d'Ivoire, dirigeait une équipe clandestine d'évangélisation. Il travaillait avec les Oeuvres et Missions Baptistes en Côte d'Ivoire. Il habitait à Rabat, et était missionnaire Ivoirien au Maroc avec pour mission d'annoncer la bonne nouvelle de Jésus et libérer les captifs. Or, j'étais un malheureux captif.

Au cours du partage entre Alfred et mon ami Camerounais, je ressentis un malaise en moi. Ce malaise venait du message qu'Alfred délivrait avec une grande autorité remplie de conviction qui dépassait mon entendement. Son message parlait du salaire du péché qui est la mort et du don gratuit de Dieu qui est la vie éternelle. Dans son exposé, il touchait plusieurs aspects de ma condition pécheresse. Il insistait sur le jugement de Dieu réservé aux impies. Ce message m'était adressé directement. Cependant je restais perplexe sur la provenance d'une telle autorité qui me connaissait et décrivait avec exactitude qui j'étais véritablement.

De retour dans ma chambre, pour me rassurer, je vérifiai que mon dispositif occulte (talisman) était bien en place. Lorsque je rencontrai le missionnaire Alfred pour une seconde fois, je me rendis compte que j'étais nu, sans qu'une personne ne me le dise. Le masque du mensonge qui voilait mon ancienne nature fut déchiré. J'étais convaincu au travers du message reçu que le missionnaire était réellement un envoyé de Dieu. A la fin de l'exhortation, le missionnaire m'encourageait à donner ma vie à Jésus-Christ, mais j'endurcis mon cœur.

Je lui posai un problème dans lequel je présentais la situation d'un ami qui avait profondément trempé dans l'occultisme, et qui était une victime. Il me dit aussitôt qu'il souhaitait rencontrer cette personne. Je lui répondis que ce n'était pas possible. En effet, cet ami, c'était bien moi, le misérable sorcier.

En fait, je voulais recevoir le salut tout en conservant mes honneurs, ma gloire et ma dignité. Malgré l'endurcissement de mon cœur, le missionnaire était rempli de compassion, et m'expliqua qu'il n'était pas possible de conserver ma vie passée, et me dit que je devais abandonner ma vie entièrement à Jésus-Christ. Il pria pour moi afin que le Seigneur m'aide à comprendre les bienfaits du salut. Après la prière d'Alfred, nous nous sommes séparés, et je n'ai plus revu ce missionnaire Ivoirien jusqu'à ce jour.

Peu de temps après, j'ai connu les premières tentatives de représailles de Satan. Je ressentais une désolation profonde. Satan essayait de me convaincre que trois possibilités seulement étaient devant moi :

-  Je pouvais demander pardon à Satan pour avoir accepté de parler avec Alfred et écouté la prédication de l'évangile

-  Je pouvais tomber dans la folie, parce que je n'avais pas honoré le pacte contracté avec mon gourou

- Je pouvais me suicider

Pour moi, il n'était pas question de se repentir d'avoir rencontré Alfred. Cet homme avait une puissance inexplicable : comment avait-il pu décrire ma vie alors qu'il ne me connaissait pas ?

J'avais énormément peur des représailles des adeptes du diable. Je passais rapidement une assurance vie auprès de mon banquier et écrivis à la partie testamentaire des ayants-droit : un ami hollandais prêtre et mon grand frère au Cameroun. J'étais un homme mort.

Ces tourments durèrent plusieurs mois. Je ne voulais même plus aller à l'église Catholique à cause de l'hypocrisie qui y régnait, l'homosexualité, la pédophilie, etc. Les tensions sont devenues si fortes à l'intérieur de mon être que je pris la résolution de finir avec ces supplices en me donnant la mort. Je décidai de me suicider.

J'ai alors fait un rêve étrange où j'assistais à mes propres obsèques. Il y avait beaucoup de prêtres et d'évêques, et il y a eu un discours qui était un flot d'éloges sur ma vie honorable. Puis je me suis vu sortir du cercueil, et tout le monde s'est enfui en courant. Je me suis alors réveillé brutalement, et j'avais l'impression que je venais de vivre non pas un rêve, mais une réalité.

J'ai réfléchi et je me suis dit que si on me trouvait mort au Maroc, ma famille au Cameroun penserait à un assassinat. De nombreuses personnes se seraient interrogées sur l'origine de cet acte odieux. Je décidai d'abandonner l'idée de me donner la mort.

Je résidai habituellement dans une résidence luxueuse et hantée, à Ouleid-Téma, près d'Agadir. Je quittai la région d'Agadir pour aller passer quelques jours à Rabat, dans le cadre d'une rencontre sportive internationale, et j'étais hébergé chez un ami Camerounais nommé Mbala. Depuis notre rencontre avec Alfred, la Parole de Dieu devenait tellement puissante que la crainte de l'Eternel descendit sur moi. Alors que la mort me hantait, je frémissais d'émotions, les larmes aux yeux, convaincu de mes iniquités, je décidai de me repentir.

Tout seul dans ma chambre, dans un pays Arabe musulman, je me suis mis à prier en ces termes : si le Dieu de ce missionnaire Ivoirien est le vrai Dieu j'accepterai à cet instant Jésus-Christ comme mon Seigneur et Sauveur, et s'il me délivre de cette angoisse qui m'envahit nuit et jour, je témoignerai partout dans le monde de ce qu'il a fait pour moi.

Ensuite, je confessais mon iniquité et j'acceptais volontairement Jésus-Christ comme mon Seigneur et Sauveur personnel. Instantanément, j'ai reçu une grande paix et une grande joie, c'était une effusion du Saint-Esprit de Dieu.

Je me souviens très bien de cet épisode de ma vie. La chambre était à la cité Youssoufia Mabella, Bloc 55, Appartement 11. Dans ma chambre, le Seigneur me dit de jeter les talismans que je portais sur moi. Je me dépouillai de mes talismans et je les jetai dans les toilettes.

A la suite de cette merveilleuse expérience, je compris que j'avais besoin d'un processus de délivrance, qui me conduirait à entrer pleinement dans la nouvelle naissance et l'assurance du salut, pour parvenir à la connaissance de la vérité.

Avant ma rencontre avec Jésus de Nazareth, j'avais plusieurs fois tenté d'obtenir ma délivrance par "la lecture des litanies des saints", l'usage des objets dits bénis : "crucifix, chapelets", enfin "un culte dévotionnel à une vierge". J'espérais obtenir satisfaction derrière ces pratiques. Quelle ne fut ma désolation de voir ma situation sans changement. Je dus abandonner rapidement cette démarche.

En vérité, j'avais utilisé cette démarche pour des raisons purement diaboliques avant ma nouvelle naissance. Je compris de façon certaine que seul Jésus de Nazareth avait le pouvoir d'apporter une délivrance totale et effective à ma vie. Dieu ne faisait que commencer l'œuvre de délivrance dans ma vie au contact de l'Evangile. Bien que je restais ignorant sur la démarche à suivre, le Père prenait le contrôle de ma vie, j'abandonnais toute implication dans l'occultisme.

Satan utilisa alors tous les moyens de pression diabolique pour me démontrer qu'en dehors de mes pratiques d'occultisme et de spiritisme, aucune espérance de vie n'était possible pour moi. Dès lors, ces pensées commencèrent à apporter le doute alors que j'avais commencé à expérimenter la puissance de Dieu.

9.                Kodji le Tchadien - Le chemin vers la sanctification

En octobre 1995 (j'avais 26 ans), le Seigneur a permis que je puisse entrer en contact avec Kodjimadji Ningaloun, un enfant de Dieu missionnaire au Maroc, originaire du Tchad, que l'on appelait amicalement Kodji.

A l'époque, j'étais membre du comité des réunions des jeunes Catholiques du Maroc, et Kodji venait parfois dans nos réunions pour distribuer des traités qui parlaient du salut en Jésus-Christ. Je pensais qu'il était un espion au service d'une puissance dont je devais me méfier.

Lorsque le Seigneur se révéla à moi dans ma chambre lors de la merveilleuse expérience de la nouvelle naissance, j'ai reçu une conviction très nette que je devais aller voir Kodji au plus tôt, ce que je fis.

J'étais impressionné par la vie de ce jeune homme, car il vivait ce qu'il lisait dans la Bible. Kodji travaillait avec le frère Lee, originaire de Corée du Sud. Kodji habitait à Agadir, et il me fit comprendre que je ne pouvais plus continuer à rester dans la résidence hantée à Ouleid-Téma. Je suis venu habiter chez Kodji pendant deux mois et là, avec son aide, j'expérimentais de façon plus approfondie l'authenticité des Saintes Ecritures.

Jamais dans la religion Catholique de mes parents je n'avais expérimenté une telle puissance. Chaque verset biblique que j'avais pourtant lu dans mes lectures par le passé commençait enfin à briller d'un éclat impressionnant. Cette force de l'Evangile me débarrassa au quotidien de la crainte de mon ancien maître Satan. Désormais une nouvelle crainte s'empara de moi : celle de l'Eternel. La Bible, Parole de Dieu dit que la crainte profonde de Dieu est le début de la sagesse et le commencement de la science chez l'homme.

Mes yeux commencèrent à s'ouvrir, de même que mon entendement spirituel. Kodji me présenta à la communauté des frères et sœurs qui intercédèrent par des prières, des cantiques, des louanges pour moi auprès de l'Eternel. Dans cette communauté tout à fait étrange pour moi, je fus saisi par la solidarité du groupe, l'amour qu'il y avait les uns pour les autres, l'esprit de partage au milieu d'eux. Bien qu'étant d'origine et de cultures diverses, ils étaient en accord : riches ou pauvres, Asiatiques, Européens, Africains...

L'unité de ce groupe de personnes, au lieu de résoudre mes problèmes, suscita en moi de nombreuses interrogations sur le bien-fondé d'une telle association communautaire. Satan voulait que je parte de ce lieu où le processus de ma délivrance avait commencé. J'étais tenté de quitter cette communauté, car ces personnes avaient une telle soif incroyable de marcher selon la Bible que j'ai eu peur de tomber dans une secte démoniaque.

J'avais déjà confessé le Seigneur dans ma chambre, mais pas devant les hommes. Or, je savais bien que tout ce qu'avait dit Alfred sur moi était vrai. Cela avait suscité beaucoup de craintes en moi.

En fait, j'aurais souhaité pouvoir rester dans mon ancien système religieux, du fait que dans le Catholicisme, il y a une grande tolérance vis-à-vis du péché, y compris chez les conducteurs ecclésiastiques, alors que dans la communauté du frère Kodji, le péché n'était pas accepté, sous quelque forme que ce soit. Je voyais bien également que je n'arrivais pas personnellement à expérimenter ce que vivaient la plupart des membres de cette communauté, qui, eux, avaient une vie conforme à ce qu'ils lisaient dans la Parole de Dieu.

Pendant mes longues années au service du diable, le péché avait pris toute la place : mensonges, nombreuses immoralités sexuelles faites en messes noires, viols, incestes, honneurs, duplicité, gloires et prospérité, tout cela était mon lot quotidien.

De plus en plus confronté à la vérité, je sentais qu'il me fallait prendre une décision ferme d'abandonner l'iniquité qui contrôlait mon être entier et de marcher avec Jésus-Christ.

Je lisais depuis longtemps la Bible, mais la consultais épisodiquement, pour en tirer des arguments rationnels pour réfuter les membres de la secte des Témoins de Jéhovah.

10.           Songhotti du Burkina et Martin du Cameroun - Un captif libéré

C'est alors que j'ai fait la connaissance au Maroc de Songhotti, un étudiant du Burkina. Il était étudiant en mathématiques à Agadir, responsable d'un groupe de prières dans sa chambre à l'université. Il prenait beaucoup de risques, et amenait plusieurs arabes au salut en Jésus, au péril de sa propre vie. Songhotti m'a fait écouter une cassette audio enregistrée par Martin, un Camerounais délivré de l'occultisme et converti à Jésus-Christ. Martin avait donné ce témoignage devant quelques milliers de personnes à Ouagadougou (capitale du Burkina Faso).

J'ai été très impressionné d'entendre ce témoignage, donné par un Camerounais comme moi, de la même ethnie que moi (ethnie Béti) et de voir qu'il n'avait pas peur de témoigner, qu'il n'avait donc plus peur des représailles de Satan, alors qu'il avait plongé profondément dans l'occultisme autrefois. En effet, à ce moment, mon problème majeur, c'est que je doutais des capacités de l'Eternel à me protéger efficacement contre toutes les représailles sévères que Satan allait orchestrer contre moi.

En écoutant cette cassette de nombreuses fois, j'arrivai à un point où je compris que Jésus-Christ est venu pour libérer les captifs et non pour les condamner. J'étais encore un captif, alors je m'approchais du trône de grâce de Dieu, convaincu que le péché me privait de Sa gloire. J'ai lu ce passage de l'évangile de Marc; au chapitre 10, et au verset 28 : "Pierre se mit à lui dire : voici nous avons tout quitté et nous t'avons suivi. Jésus répondit : je vous le dis en vérité, il n'est personne qui ayant quitté à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle sa maison ou ses frères ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père ou ses enfants ou ses terres, ne reçoive le centuple présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants et des terres avec des persécutions et dans le siècle à venir la vie éternelle."

A aucun moment de mon expérience dans les ténèbres, je n'avais eu detelles paroles rassurantes. A ce moment, j'étais prêt à abandonner toute pratique du péché. Jésus-Christ me rassura non seulement au sujet de la sécurité qu'il m'apporterait face à toute menace de la part de l'ennemi, mais aussi il me garantit qu'il remplacerait, par ses dons incorruptibles, tout ce que j'aurais perdu pour le suivre.

11.           Le Pasteur Lee de Corée du Sud - Le baptême d'eau - Le départ du Maroc

C'est à ce moment que je suis devenu membre de la communauté du frère missionnaire Tchadien Kodji, communauté dirigée par le Pasteur Lee, missionnaire au Maroc, originaire de Corée du Sud. Cette rencontre avec le responsable Lee n'avait pas eu lieu plus tôt pour deux raisons :

Premièrement le Pasteur Lee était très réticent à l'idée de me faire pénétrer dans une église clandestine au Maroc, suspectant une infiltration occulte qui pourrait fortement nuire aux activités missionnaires déjà passablement limitées par certaines dispositions constitutionnelles islamiques. Il n'était pas certain que je sois réellement et profondément converti, malgré ce que lui disait Kodji.

Deuxièmement, pour ma part, je n'avais rien fait jusqu'ici pour rencontrer le responsable du groupe, craignant d'avoir quitté un gourou pour tomber entre les mains d'un autre. Je réalisai rapidement que cette communauté d'enfants de Dieu était la démonstration de la force du Saint-Esprit. Les résultats ne se firent pas attendre, je commençai à confesser devant Dieu et devant les hommes mon égarement spirituel, mes iniquités et mes nombreux péchés.

Sous la conviction de la puissance du Saint-Esprit, j'allai à l'assemblée remettre tout le reste des objets de cultes d'idolâtrie démoniaque que je détenais encore, sans aucune pression humaine. Les ouvrages occultes, les statuettes, tout a été brûlé.

Lorsque j'étais un nourrisson, mes parents m'ont fait passer par le baptême Catholique par aspersion. Or en lisant les Saintes Ecritures, je m'aperçus que seuls ceux qui croyaient (c'est-à-dire les personnes qui ont expérimenté le salut de Jésus-Christ) avaient accès au baptême.

Lorsque j'étais un petit bébé, je ne pouvais pas croire, ne possédant pas encore les facultés de discerner. Le salut étant personnel, je demandai le baptême auprès du Pasteur Lee qui hésita dans un premier  temps. De nombreux frères lui confirmèrent mon témoignage et au bout du compte, j'ai été baptisé par immersion dans la mer le 8 janvier 1996 (j'avais alors 27 ans).

Au moment de la sortie des eaux du baptême, le Pasteur Lee, le frère Kodji et moi étions en train de remercier l'Eternel pour ma nouvelle vie, lorsqu'un vent frais commença à souffler, et un bruit se fit entendre du ciel de façon audible par tous, un bruit semblable à celui d'un clou rouillé qu'on arrache du bois sec. Le Seigneur venait par là attester qu'Il était à l'œuvre dans ma vie. Je versai des larmes. Quels moments de forte émotion dans ce grand pays sous l'influence de l'Islam ! Je me souvins des persécutions que j'avais infligées à l'encontre de tous ceux qui voulaient m'annoncer la bonne nouvelle du royaume des cieux, des nombreuses insultes à l'endroit des serviteurs de Dieu annonçant la Parole Esprit et vie. Que ma repentance donne toute la gloire à l'Eternel.

Après cela, je recherchais quelle était la volonté de Dieu pour ma vie. La réponse ne se fit pas attendre, le Seigneur voulait que je rentre au Cameroun, afin de parfaire ma délivrance, mais aussi pour que je témoigne de ce que le Seigneur avait fait dans ma vie, et enfin pour me préparer au ministère qu'Il me montrerait.

Bien qu'à cette période, plusieurs propositions s'offraient à moi dans le domaine des affaires, Dieu voulait que je quitte le Maroc. J'avais beaucoup aimé ce pays pour l'hospitalité de nombreuses familles marocaines, et le pays connaissait une relative liberté de culte, bien que limitée. J'avais reçu une bonne formation universitaire, et enfin, c'est dans ce pays que je rencontrai Jésus-Christ personnellement.

Bien que cela était pénible pour moi, le temps arriva d'accepter la volonté de Dieu. Quelques frères tentèrent de m'en empêcher, prétextant que la situation économique au Cameroun était très préoccupante. Deux baisses salariales en une année, auxquelles s'ajoutait la dévaluation de la monnaie locale de 50%, rien de tout cela ne pouvait m'attirer au Cameroun, si ce n'était le plan du Créateur. Je savais que Dieu est fidèle. Mon retour étant de Lui, Il a tout planifié parfaitement.

Le 16 janvier 1996 (8 jours après mon baptême), je quittais définitivement le Maroc. A l'aéroport International d'Agadir quelques frères étaient venus m'accompagner, parmi lesquels le Pasteur Lee, le frère Kodji et le frère Daniel Abaté du Cameroun. Ce dernier, dit "Dany" dirigeait au Maroc un mouvement d'évangélisation international. Je garde un bon souvenir des moments passés avec ces bien-aimés, et avec tous ceux que j'avais laissés dans le Royaume Shérifien.

Il faut noter qu'une importante somme d'argent provenant d'une famille bourgeoise Marocaine, que j'avais connue avant ma délivrance devait me parvenir, peu avant mon départ, pour des études de faisabilité du complexe minier-industriel au Cameroun, projet dont j'étais chargé d'assurer la gestion. J'attendais cet argent jusqu'à la dernière minute à l'aéroport, mais mes collaborateurs ne sont pas venus.

L'avion était plein de passagers, et j'étais le dernier qui n'avait pas encore embarqué. Les haut-parleurs de l'aéroport demandaient aux derniers passagers d'embarquer immédiatement. Je décidai d'annuler mon voyage et de rentrer à la maison. Le pasteur Lee rétorqua que je devais quitter le pays, sans regarder en arrière. "Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera." Luc 17:33. En méditant rapidement sur ces paroles, le Seigneur me convainquit que si dans cette famille marocaine bourgeoise, j'avais bénéficié d'un traitement princier, tout cela avait pris fin lors de ma conversion à Jésus. Je comprenais que le chef de cette famille avait également de nombreux liens avec les sociétés secrètes démoniaques orientales et il devenait clair que l'argent attendu ne me parviendrait jamais.

Le Pasteur Lee adressa une courte prière et me recommanda au Seigneur. Il prophétisa sur l'œuvre de Christ que je devais accomplir au Cameroun et plus loin encore. C'était le départ, le Seigneur avait envoyé spécialement le Pasteur Lee sur ma route pour ma délivrance (il a été appelé pour la patrie céleste peu de temps après). J'avais tout abandonné dans ce pays. Dans mon cartable, je n'avais même pas une pièce d'argent. Cependant je possédais un nouveau trésor inestimable : la Parole de Dieu. Elle était tout pour moi. C'était le plus grand cadeau que je devais offrir à chaque être humain dans le monde et particulièrement au Cameroun.

L'apôtre Paul disait : "Ainsi j'ai un vif désir de vous annoncer l'Evangile". Romains 1:15.

C'était le moment pour moi d'expérimenter le verset 39 du 8ème chapitre de l'évangile de Luc : "Retourne dans ta maison, et raconte tout ce que Dieu t'a fait. Il s'en alla, et publia par toute la ville tout ce que Jésus avait fait pour lui".

12.           Le retour au Cameroun - Début des persécutions - Le baptême du Saint-Esprit

J'arrivai donc à Douala, capitale économique du Cameroun, le 16 janvier 1996. Dans mes modestes bagages se trouvaient seulement quelques effets personnels, cependant mon réconfort demeurait dans cette merveilleuse expérience de conversion qui me réjouissait tant.

Je sollicitai auprès d'un cadre administratif du bureau des douanes de l'aéroport la possibilité d'utiliser une ligne téléphonique, afin d'entrer en contact avec Ismaël, un cousin résidant à Douala. Celui-ci arriva aussitôt et m'amena chez lui. Presque toute ma famille étant à Yaoundé, je souhaitais m'y rendre le plus vite possible.

Mon frère aîné, A. Amougou, travaillait dans le Nord du pays en tant que Responsable Régional chez Mobil, société pétrolière américaine implantée au Cameroun. Il devait descendre à Douala pour son travail justement la semaine où j'arrivais. Nous avons voyagé en avion de Douala à Yaoundé. Notre vol a connu de nombreuses difficultés techniques juste après le décollage. L'avion réussit à regagner la piste et notre atterrissage fut miraculeux. La frayeur avait été grande dans l'appareil. Les visages des passagers et du personnel d'équipage laissaient éclater une stupeur générale, il y avait juste quelques mois qu'un avion de la même compagnie nationale s'était écrasé. Dans la même ville, le bilan avait été lourd.

N'ayant pas pu prendre un autre vol régulier, nous avons voyagé en autobus. Un autre incident se produisit à une trentaine de kilomètres de l'arrivée, nous avons dû nous arrêter, notre bus ayant de sérieux ennuis mécaniques.

Bien avant mon départ du Maroc, les frères m'avaient prévenu que Satan chercherait par tous les moyens à occasionner des représailles contre moi. N'ayant pas les moyens de m'attaquer directement, car j'étais sous la protection du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, il utiliserait l'intimidation dans le but de produire non seulement la crainte en moi, mais aussi le doute sur le bien fondé de la Parole de Dieu. Le Seigneur me rassura toujours par sa Parole.

J'ai pris cet avertissement des frères au sérieux, car je voyais dès mon retour les manoeuvres d'intimidation de l'ennemi. Le remède selon la Parole de Dieu était de résister à l'ennemi : "...Soyez sobres,  veillez. Votre adversaire, le diable rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde." 1 Pierre 5:8.

Nous arrivâmes enfin au village. Ce fut la grande joie des retrouvailles : parents, grand-parents, amis, la liesse était générale. Je n'hésitai pas à témoigner de la main de Dieu à l'oeuvre dans ma vie pendant ces années d'absence du Cameroun.

Pendant mon absence, la situation économique s'était dégradée : récession économique, baisse des salaires, dévaluation, de sorte que très peu de personnes m'encourageaient à rester dans mon pays, comme je l'envisageais au fond de mon cœur.

Beaucoup s'interrogeaient sur le bien fondé de mon retour. Mes déclarations rendaient perplexes de nombreuses personnes, qui pensèrent que j'avais été rapatrié, ou même expulsé du Maroc. C'était le début des persécutions que je devais endurer plus tard. "Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés" 2 Timothée 3:12.

Après mon arrivée au Cameroun, il me fallait trouver une assemblée de véritables enfants de Dieu dans laquelle je pourrais persévérer dans la communion fraternelle, la prière, le jeûne, l'enseignement.

De nombreuses églises m'ouvrirent leurs portes. Si toutes parlaient de Dieu, très peu avaient le souci des âmes selon les directives du Saint-Esprit. Les pasteurs se préoccupaient surtout d'avoir des assemblées remplies de foules, sans la vie de Christ.

Mon salut fut menacé plusieurs fois par ceux qui voulaient continuer dans la rébellion, bien que membres d'une église dite du réveil. Certains voulurent me ramener à l'ivrognerie, au mensonge, au concubinage, et à des compromis vis-à-vis de la Parole. Le Seigneur m'accorda la grâce d'échapper à ces tentations. A Lui seul soit la gloire d'éternité en éternité.

Dans la première église que je visitai, le leader fut davantage séduit par le fait qu'un visiteur lui venait de l'étranger que par le témoignage du salut que je voulais apporter. Je n'avais pas de paix dans ce milieu, et le quittai rapidement. Je comprenais mieux ce passage d'Ézéchiel 34:1-4 : "La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots : Fils de l'homme, prophétise contre les pasteurs d'Israël ! Prophétise, et dis-leur, aux pasteurs: Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Malheur aux pasteurs d'Israël, qui se paissaient eux-mêmes ! Les pasteurs ne devaient-ils pas paître le troupeau ? Vous avez mangé la graisse, vous vous êtes vêtus avec la laine, vous avez tué ce qui était gras, vous n'avez point fait paître les brebis. Vous n'avez pas fortifié celles qui étaient faibles, guéri celle qui était  malade, pansé celle qui était blessée ; vous n'avez pas ramené celle qui s'égarait, cherché celle qui était perdue ; mais vous les avez dominées avec violence et avec dureté."

Le Seigneur exauça ma prière et je trouvai une assemblée dans laquelle le Seigneur me prépara à recevoir de nombreuses instructions nécessaires à ma progression spirituelle.

Je compris également pendant cette période qu'en fait, ce n'était pas l'église qui sauve. Le salut est une affaire personnelle entre l'homme et le Créateur pendant que l'homme est vivant sur la terre. Le salut après la mort, le passage au purgatoire ou la réincarnation ne sont que pures folies de l'imagination des hommes. Si vous n'avez pas sur la terre l'assurance que vous êtes sauvés du jugement dernier, il est encore temps pour vous de l'être, quelle que soit la dénomination que vous fréquentez.

Cette assemblée des enfants de Dieu dans laquelle le Seigneur me permit de persévérer, n'était nullement l'église la plus spirituelle du Cameroun. Plusieurs fois je fus scandalisé par les agissements de plusieurs fidèles. Nombre d'entre eux n'avaient jamais connu le baptême du Saint-Esprit. Tel était également mon cas. Ce ne fut qu'après une année dans le Seigneur que je reçus le baptême du Saint-Esprit avec le Pasteur Philippe, après l'avoir cherché avec soif et sincérité de cœur.

Cet aspect spirituel de l'église ne concernait pas seulement mon assemblée. Certaines églises que je visitais, fonctionnaient sans la manifestation de la puissance du Saint-Esprit. C'est dans cet esprit très confus que je vivais les premiers pas de ma conversion. A ceci s'ajoutaient plusieurs persécutions de la part de la famille, des amis et tous ceux qui me connaissaient avant ma conversion. J'acceptai avec joie toutes ces moqueries, ces insultes, ces mortifications, selon ce que dit la Parole dans 1 Pierre 5:10 : "Le Dieu de toute grâce qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables."

13.           Le médecin - Tentative d'assassinat et prison

Comme les frères l'avaient annoncé avant mon départ du Maroc, le Seigneur permit une grande tribulation particulièrement éprouvante, ainsi que dit la Parole dans Job 2:6 :

"L'Eternel dit à Satan : voici je te le livre ; seulement épargne sa vie."

Au Maroc j'étais en contact avec Jean-Paul Ondoua, étudiant Camerounais à la fin de ses études de médecine vétérinaire. Après mon retour au Cameroun, ce frère en Christ avait pris ses fonctions dans le corps médical vétérinaire. Ayant pris connaissance de mon nouveau parcours, le Docteur Ondoua a jugé bon de conseiller à un confrère en difficulté, médecin vétérinaire inconverti, d'entrer en contact avec moi pour recevoir une aide dans le domaine spirituel. Ce médecin vétérinaire avait passé une longue période sans pouvoir exercer pour cause de troubles graves dans les pensées.

Sa résidence, dans laquelle nous avons eu un entretien, abritait régulièrement des réunions d'adeptes de Satan. Depuis plusieurs mois après mon arrivée au Cameroun, le diable essayait de m'empêcher de partager mon expérience de délivrance des ténèbres, mais il ne parvenait pas à son but. Il décida donc de passer  à l'ultime stratégie qui n'était rien d'autre que de m'assassiner physiquement.

Le docteur me révéla de nombreuses activités démoniaques du groupe à Yaoundé et plus loin encore hors du Cameroun. Il me dit également que sa propre mère était une grande prêtresse du groupe. J'adressai une prière d'intercession auprès du Père pour que ce captif soit délivré. Il ne donna pas son coeur au Seigneur Jésus, mais restait réceptif au message.

Alors que je croyais pouvoir simplement partager mon témoignage avec cet ami médecin, Satan cherchait à profiter de cette situation pour tenter de me supprimer. Notre entretien avait lieu en pleine journée. La puissance de la Parole de Dieu avait accompagné mon exhortation et les puissances dans cette maison et dans la vie du médecin furent sérieusement ébranlées.

Quelques satanistes du groupe se rendirent immédiatement au lieu où nous étions dans l'intention manifeste de me faire du mal. La puissance du Seigneur était à l'oeuvre, et je suis reparti de cette résidence sans qu'ils ne me fassent aucun mal. Mais ce n'était que partie remise. Le plus dur était à venir.

Si le médecin n'avait pas accepté le salut, toutefois il avait bien compris qu'il devait se débarrasser des objets de culte idolâtre qui le rendaient captif. Il est venu à mon domicile à une heure tardive de la nuit en m'invitant à aller récupérer les objets qu'il voulait que je détruise, avec la garantie, pour lui, de ne pas subir de représailles.

Je lui présentai Jésus-Christ comme la seule garantie. C'est alors que nous nous sommes rendus dans sa résidence après que j'ai prié et demandé au Seigneur de m'accorder la grâce d'aider ces captifs. A peine entré dans la concession, j'eus l'impression de me retrouver dans un congélateur. Par un réflexe inspiré du Saint-Esprit, je me mis à chanter quelques louanges.

C'est alors que je ressentis la restauration de la température : Jésus-Christ est bel et bien ressuscité des morts.

Il m'introduisit dans une "chambre sacrée" dans laquelle seul les initiés à l'occultisme pouvaient avoir accès. Etant repenti de ces actes en abomination à l'Eternel, mon entrée ne fut possible dans cette salle que par l'autorité du Saint-Esprit. Ce qui ne se fit pas attendre.

Dès que nous fûmes entrés, je me rendis compte que le captif changeait de visage, et cherchait à m'hypnotiser par cette transfiguration démoniaque. De plus, il sortit un poignard de sa poche, prêt à me tuer. Une crainte épouvantable me saisit. J'invoquai le nom puissant de Jésus-Christ ; j'eus alors l'autorité sur cette salle et sur le médecin qui s'assagit. Non seulement je retirai les objets personnels du docteur, mais aussi le patrimoine occulte de cette communauté avec la contribution de celui-ci : flacons de parfum, flacons de sang humain, bijoux en or reçus de l'Inde, etc. Le médecin m'avoua qu'il était désireux d'en finir très rapidement avec tous ces objets car il était lié par un pacte par lequel il devait livrer avant le soir même une personne de sa famille pour être sacrifiée.

Les objets de culte idolâtre me furent remis à une heure très avancée de la nuit, puis nous avons rejoint un groupe de frères et soeurs en prière. Tous les objets ont été détruits, brûlés et jetés dans une fosse, avec le soutien des frères et sœurs au cours de la nuit de prière. Le docteur me mit en garde contre les attaques virulentes que le groupe planifiait contre ma personne.

Nous étions en début 1997. Quelques temps plus tard, je retournai un soir chez le docteur pour prendre des nouvelles de l'évolution de sa santé physique et spirituelle. En repartant, à une centaine de mètres de la maison, un groupe d'une dizaine d'individus se saisirent de moi et me conduisirent dans une résidence appartenant aux adeptes de ce mouvement occulte. Ils se ruèrent sur moi, me molestèrent, déchirant une partie de mes vêtements. Jamais dans ma vie je n'avais été victime d'une telle fureur humaine. Ils me frappèrent à coup de gourdins dans les points sensibles du corps humain. J'hurlais de douleur et d'angoisse. Au bout d'un moment, ils ne comprenaient pas pourquoi je n'étais pas encore mort. Je reconnus certains d'entre eux (l'un d'entre eux était expert-comptable à Yaoundé), mais je n'avais aucune amertume contre eux, discernant surtout avec quelle fureur Satan voulait me supprimer en utilisant des pauvres captifs que Jésus voulait libérer.

Ils cherchaient un moyen de justifier leur assassinat en m'assimilant à un malfaiteur ayant pénétré de nuit dans un domicile privé sans autorisation. "Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l'Esprit de gloire, repose en vous". 1 Pierre 4:14. De même la Bible me donna l'attitude à adopter : "Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes" Romains 12:17.

Le Seigneur dit dans sa Parole : "Invoque-moi au jour de la détresse; Je te délivrerai, et tu me glorifieras" Psaumes 50:15. J'invoquai son Saint Nom, et il m'assura que les instruments du diable molesteraient mon corps, mais ne pourraient atteindre mon âme. La fidélité et la bonté de Dieu sont manifestes pour ceux qui le craignent et ont recours à lui.

Au moment où mes forces étaient totalement anéanties une voix me parla : "Théophile, décharge-toi de tes soucis auprès du Père, il prendra soin de toi."

Daniel dans la fosse aux lions avait besoin d'être fortifié dans la faiblesse. "Puis il me dit Ne crains rien, homme bien aimé, que la paix soit avec toi ! Courage ! Courage ! Et comme il parlait, je repris des forces et je dis : que mon Seigneur parle car tu m'as fortifié » Daniel 10:19.

La paix dans mon cœur, je trouvai un véritable réconfort. Un autocollant acheté par un frère dans la journée m'apporta une excellente édification, une consolation extrême au moment où ces forbans espéraient trouver "l'objet qui me protégeait" : l'autocollant portait les inscriptions suivantes : "Si l'on forme des complots, cela ne viendra pas de moi ; quiconque se liguera contre toi tombera sous ton pouvoir... Toute arme forgée contre toi sera sans effet ; et toute langue qui s'élèvera en justice contre toi tu la condamneras. Tel est l'héritage des serviteurs de l'Eternel, tel est le salut qui leur viendra de moi, dit l'Eternel." Esaïe 54:15.

Nous quittâmes la maison sous haute escorte vers une destination inconnue, il était minuit passé. Chez moi personne ne savait où je me trouvais à cette heure avancée de la nuit. Nous arrivâmes dans un Commissariat de sécurité publique de Yaoundé où un autre groupe de personnes m'attendait, en uniforme de police. A peine je descendis du véhicule qu'une rafale de coups de poings, ceinturons et matraques s'abattirent sur moi. Le Seigneur m'avait prévenu.

Satan cherchait par ce moyen à briser ma confiance en Dieu.

L'épreuve au Commissariat fut rude, on m'accusa d'avoir une puissance démoniaque. Pour les policiers j'étais purement et simplement un marabout causant des ennuis à un groupe de personnes. Je confiai cette autre étape de la persécution au Seigneur. "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps et dans la géhenne." Matthieu 10:28.

Les satanistes étaient persuadés qu'après cette ultime et violente épreuve je rendrais certainement l'âme dans la cellule où on m'avait incarcéré pour une durée de vingt-quatre heures.

En prison, je trouvai de nombreux brigands également incarcérés, jeunes pour la plupart, qui constatèrent ma présence au petit matin. Les policiers ont dit aux détenus  que j'étais un marabout extrêmement dangereux. Cependant mes louanges à Dieu et mon attitude paisible étonnèrent les détenus, et plusieurs reçurent favorablement l'Evangile. Une grande joie resplendit sur le visage de ces jeunes sans espoir.

L'un des adjoints au Commissaire exigea qu'on me punisse sévèrement. Je fus battu par le plat d'une machette et reçu de nombreuses gifles. Je réalisai ce que dit la Parole : "C'est donc avec assurance que nous pouvons dire : le Seigneur est mon aide, je ne craindrai rien ; que peut me faire un homme?" Hébreux 13:6.

On m'interdit de parler du Nom de Jésus-Christ en cellule, ce qui révolta les autres détenus. Celui qui avait dirigé la tentative d'assassinat arriva dans l'après-midi. Je continuais à avoir la compassion pour ces femmes et ces hommes sous l'emprise des démons. Dans leur ignorance, ils m'infligèrent un mauvais traitement pour lequel je rends grâce à l'Eternel. Je demande dans mes prières au Père de ne pas infliger à ces gens la responsabilité de mes blessures, mais de leur ouvrir les yeux et les oreilles afin qu'ils connaissent la vérité qui rend l'homme libre. Si Satan avait la possibilité de me mettre en prison, il n'avait aucun moyen de garder le Saint-Esprit vivant en moi dans une quelconque captivité. J'ai été relâché peu après.

14.           Félix du Nigéria - Alexis du Cameroun - Entière consécration au Seigneur

Mon oncle Théophile Amougou, dont je porte le nom et par qui j'acquis ma première expérience avec le monde mystique accepta miraculeusement Jésus-Christ comme son Sauveur personnel à mon retour au Cameroun. Sa conversion personnelle et son assurance du salut furent un grand encouragement pour moi pour continuer à témoigner. Cet oncle est mort quelque temps après sa repentance. Peu avant son départ, des frères et soeurs se réunissaient dans sa maison au village, et aujourd'hui se trouve une assemblée chrétienne vivante dans son village. Gloire à Dieu !

Petit à petit, je comprenais chaque jour davantage que le Seigneur m'appelait à obéir à cet ordre qu'Il donne à tous ses enfants dans Mathieu 28:18-20 : "Allez faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du père, du fils du Saint-Esprit et enseignez leur à observer tout ce que je vous ai prescrit."

Le Pasteur  Félix Obodozié était un missionnaire qui venait du Nigéria. Il travaillait dans une mission de restauration des familles. Nous avons passé des moments profonds dans l'étude de la Parole. Le Seigneur a permis également que j'entre en contact avec le PasteurAlexis Godonou, du Cameroun, avec qui j'expérimentai la puissance de l'onction du Saint-Esprit, pour annoncer un message avec la force du Saint-Esprit. De nombreuses vies furent immédiatement touchées et transformées après cette merveilleuse expérience spirituelle. En tout lieu je voulais voir les Ecritures Saintes s'accomplir dans ma vie et la transformer afin que chaque homme créé par Dieu sur la terre crût en Jésus-Christ comme   son Sauveur personnel. C'est le Pasteur Godonou qui a reçu du Seigneur que mon témoignage devait être mis par écrit pour diffusion.

C'est également au cours de ces moments profonds d'enseignement que je commençai à comprendre de manière profonde l'œuvre à laquelle le Seigneur m'appelait. J'avais besoin de consécration profonde à Dieu avant et pour toute œuvre au service du Très Haut, aussi minime fut-elle.

La Parole de Dieu commençait à avoir un impact croissant dans ma vie. De plus en plus je m'abreuvais à sa source, y cherchant à découvrir avec plus de profondeur les voies de Dieu, les pensées de Dieu pour ma vie. "Mais ceux qui se confient en l'Eternel renouvellent leurs forces. Ils prennent le vol comme les aigles ; ils courent et ne se lassent point. Ils marchent et ne se fatiguent point." Esaïe 40:31.

La nouvelle compréhension spirituelle du message de Dieu et de sa Parole m'attira de nombreuses persécutions de la part des non Chrétiens, et même au milieu de certains enfants de Dieu. "Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom, mais celui qui persévéra jusqu'à la fin sera sauvé." Marc 13:13.

Ma joie fut grande car Jésus l'avait prédit dans sa Parole, "Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisi au milieu du monde, à cause de cela, le monde vous hait... Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi : s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé" Jean 15:18-21.

15.           Le Pasteur Youssouf - Le mariage avec Annie-Esther - La vie de couple selon le Seigneur

Le Seigneur m'accorda un asile spirituel dans une famille d'enfants de Dieu, ainsi je séjournai dans la famille du Pasteur Youssouf pendant près d'un an. Youssouf était originaire de Garoua, en pays Foulbe, dans le Nord Cameroun. Il est fils d'Imam, et sa conversion a soulevé beaucoup d'hostilités dans sa famille. Dans le Nord, sa tête est mise à prix en milieu musulman. Lui-même a travaillé dans la diplomatie et il est souvent à l'étranger. Je bénéficiai, dans cette maison, des enseignements relatifs à l'église et de la vie en communauté familiale, qui reste la cellule de base de l'humanité selon le plan divin. En effet, ces riches enseignements et expériences m'ont utilement préparé pour une grande étape dans ma marche avec Jésus-Christ : le mariage.

Le mariage entre l'homme et la femme reste la première institution que Dieu a établie dans ce monde. Les hommes ont toujours cherché à changer l'ordre divin du mariage. L'humanité tout entière est peuplée par d'autres pratiques qui vont à l'encontre de cet ordre : fornications, concubinages, adultères, incestes, pédophilie, homosexualité entre hommes, entre femmes, etc.

Le Seigneur m'a délivré de toutes ces formes de convoitises sexuelles honteuses et abominables que je pratiquais avant ma nouvelle naissance, après que je me sois amèrement repenti avec larmes de les avoir pratiquées.

Le Seigneur me révéla que dans son plan parfait pour ma vie, je devais me marier prochainement. Au début, je résistai à la volonté de Dieu à ce sujet.

A l'époque je me contentais parfois d'un modeste repas par jour chez ma tante où j'habitais. Comment expliquer à ma tante et à mes proches qu'il fallait ajouter une épouse à ma charge ? Petit à petit, je me fis à l'idée du mariage, et acceptai la volonté de Dieu pour ma vie.

J'ai appris à rester extrêmement prudent en ce qui concerne le mariage, dans deux domaines : s'abstenir de tout acte sexuel hors mariage, et discerner la volonté parfaite de Dieu pour le choix de l'épouse. Plusieurs serviteurs de Dieu ont cru bien faire en me conseillant sur le choix de la future épouse. Les propositions des uns et des autres tournaient en général autour de critères charnels, contraires à la Parole de Dieu. C'était la beauté d'une sœur, ou son niveau intellectuel, ou  encore sa situation sociale. Je n'attachai pas d'importance à ces conseils peu spirituels.

Ainsi, lorsque le Père me présenta celle qui devait devenir mon épouse, Annie-Esther, j'ai reçu la conviction que cela venait bien de Lui. Je rencontrai une seule fois ma future épouse avant nos fiançailles, dans le cadre d'un séminaire des jeunes Chrétiens organisés par notre assemblée. Nous n'eûmes pas même un entretien. Elle résidait à Kribi, ville au bord de l'Océan Atlantique, à 2 heures de voiture au Sud de Douala.

Je venais juste de terminer une période de jeûne et de prière avec quelques pasteurs.

J'avais saisi l'occasion de cette retraite afin de mieux m'assurer de la volonté de Dieu au sujet de mon mariage. C'est à cette occasion que je rencontrais Manga, un frère en Christ, propriétaire d'une société à Kribi. Il était de passage à Yaoundé dans le cadre d'un déplacement pour son travail, et se mit à me parler d'une cellule de prière chez lui, où venait régulièrement une secrétaire de direction bilingue dénommée Annie-Esther. Il me parla d'elle en des termes qui montraient qu'elle était une servante de l'Eternel, alors que ce frère ne savait rien de mes projets de mariage. Après notre causerie, je gardai le silence, et comprenais que le Père avait utilisé ce frère pour m'informer que désormais je connaissais le nom de ma future épouse.

C'est avec beaucoup d'humilité que j'ai accepté ce choix divin. Celui-ci devint un fardeau dans mon cœur et je ne reçus la paix que lorsque je lui écrivis une lettre de fiançailles. C'est par la foi qu'elle accepta les fiançailles, ayant reçu la conviction du Saint-Esprit, ne me connaissant pas selon la chair, sur la base de ma lettre qui lui avait rendu témoignage de ma relation avec Jésus-Christ.

Plusieurs questions me vinrent à l'esprit. L'église adoptera-t-elle l'union, ainsi que nos parents ? Ensuite il y avait l'épineux problème et pas le moindre, du financement de ce mariage, n'ayant aucune activité rémunérée, si ce n'était celle d'annoncer le mystère de l'évangile de Jésus-Christ.

Mes préparatifs pour le jour du mariage ont soulevé de grandes inquiétudes auprès de nombreuses personnes incrédules, ma famille, mes amis, mon assemblée et même d'autres enfants de Dieu. Les inquiétudes des uns et des autres étaient révélatrices d'une marche par la vue, et non par la foi.

Quelques jours avant le mariage, je n'avais aucune épargne avec moi, alors que des centaines de billets d'invitation avaient été distribués. Et contre toute attente, soixante-douze heures avant le mariage, le Saint-Esprit toucha plusieurs cœurs ; les bénédictions du Seigneur se sont déversées en abondance : spirituellement, matériellement, financièrement.

Mon mariage fut béni le 27 juin 1998 (j'avais 29 ans). De nombreuses personnes et le peuple de Dieu glorifièrent l'Eternel. Mon épouse et moi en faisions autant pour Sa bonté et Sa grâce infinie. Qu'il est merveilleux d'avoir une épouse selon le plan de Dieu. "Celui qui trouve une femme trouve le bonheur ; c'est une grâce qu'il obtient de l'Eternel" Proverbes 18:22.

Malgré nos différences, nous avons rapidement découvert que nous nous appartenions l'un à l'autre. Nous cherchions chaque jour à préserver notre unité, notre confiance, et à résoudre nos différends dans la Parole de Dieu. Nous veillions à ce que notre Dieu reste le maître incontesté de cette union en barrant la route à toute initiative des hommes cherchant à nous séparer, ou prétendant nous apporter la paix et la joie en dehors des Saintes Ecritures.

Dieu m'avait donné une épouse, et pourtant, les premières semaines de notre union furent bien rudes. Satan tentait de contrôler notre ménage par de nombreuses tensions entre nous. C'était même difficile de partager la Parole de Dieu, bien que ce soit elle qui nous avait unis.

Certains serviteurs de Dieu à qui je partageais cet aspect de notre jeune ménage manifestaient de la complaisance, ou de l'indifférence. Nous entrâmes dans plusieurs périodes de jeûne et de prière, et comprîmes que notre union n'avait pas été réellement consacrée au Seigneur. Le Seigneur restaura nos relations sur une base biblique dans tous les domaines, spirituel, matériel et financier, relatifs à notre union.

En fait je réalisai que si un des époux se plaint, cela ne changera pas l'autre conjoint. Mais si je confie le problème à Jésus nuit et jour à genoux dans la prière, quelque chose de nouveau va se produire dans le foyer. Ce que j'exige de mon partenaire pour la stabilité du ménage doit commencer par moi-même. Si cette démarche est appliquée au nom du Seigneur Jésus-Christ de façon continuelle, les résultats ne se feront pas attendre, Gloire à Dieu !

Le passage de la Parole dans Ephésiens 5:28-32 me montra parfaitement la relation que je devais avoir avec mon épouse pour une parfaite harmonie dans le couple : "C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même car jamais personne n'a haï sa propre chair. Mais il la nourrit et en prend soin comme Christ le fait pour l'église".  Ces versets ont eu un grand effet dans ma relation avec le Seigneur. Merci Jésus !

De notre union est né le 31 mars 2001 le petit Nathanaël, un cadeau du Seigneur, qui deviendra un jour son serviteur. Il est déjà un témoignage vivant puisqu'il a été maintenu en vie miraculeusement par le Seigneur, étant né prématurément à 7 mois et demi de grossesse, pesant moins de 2 kg, et nous n'avions pas d'argent pour payer les frais de couveuse. Gloire à Dieu !

16.           L'appel pour servir le Seigneur - L'école du brisement

C'est après mon mariage que je discernais de plus en plus mon appel pour servir le Seigneur. J'hésitais longtemps avant de l'accepter définitivement. Il n'était pas question que j'attende la décision des institutions humaines pour commencer à témoigner de mon expérience. Ainsi je rendais témoignage dans les familles, dans les églises, aux étudiants des écoles bibliques, et dans plusieurs campagnes d'évangélisation.

Plus que jamais, je restais extrêmement attentif à l'écoute du plan de Dieu pour ma vie. J'avais la certitude que le monde n'avait pas besoin que je sois un brillant discoureur sur la Bible, mais bien plutôt que j'expose l'accomplissement de la Parole de Dieu dans ma vie. Car l'humanité entière dans ses soupirs n'a pas besoin de Théophile Amougou, mais plutôt du Seigneur Jésus-Christ.

La misérable situation spirituelle et matérielle de nombreux serviteurs de Dieu en Afrique et particulièrement au Cameroun ne m'encourageait nullement à servir l'Eternel. J'ai été surpris du zèle qu'avaient certaines personnes pour le service de Dieu sans avoir la moindre révélation du brisement des œuvres de la chair dans leur vie.

Sans attendre l'ordre d'une dénomination quelconque, je commençai à partager mon expérience chaque fois que le Seigneur m'en accordait l'opportunité. Il est à noter que la puissance d'un témoignage ne dépend nullement du rang occupé avant la conversion dans le royaume de Satan, mais seulement de la marche quotidienne dans la sanctification, afin d'accomplir l'oeuvre pour laquelle Jésus-Christ nous a délivrés, à savoir : annoncer que Jésus est venu pour libérer les captifs, et faire de toutes les nations ses disciples.

Je passai de nombreuses heures de prière et de méditation de manière régulière dans la présence du Seigneur, car il était nécessaire pour moi de recevoir les informations pour m'aider à comprendre la mission que Dieu voulait me confier. Expérimenter une délivrance n'ouvre pas les portes à un quelconque ministère. Au contraire, de telles personnes ont besoin de s'asseoir et d'attendre les directives provenant du Seigneur Jésus-Christ sur la conduite spirituelle à tenir. «Eternel ! Fais-moi connaître tes voies, enseigne-moi tes sentiers, Conduis-moi dans la vérité, et instruis-moi ; car tu es le Dieu de mon salut, tu es toujours mon espérance. » Psaumes 25:4-5.

L'engagement et le zèle au service de l'œuvre divine sans préparation expose à une aventure spirituelle extrêmement dangereuse. Un sacre donné à un homme par une institution humaine, sans la consécration du Saint-Esprit au service d'une vision divine est une abomination. De nombreux hommes tels que Abraham, Joseph, Moïse, Josué, David, Daniel, les disciples, Paul, Timothée, Apollos, et bien d'autres serviteurs de Dieu ont eu besoin d'être enseignés avec exactitude dans les voies du Seigneur pour pouvoir accomplir leur ministère avec la puissance de l'Esprit.

En cette période de ma vie, Dieu met l'accent sur mon besoin de formation continue, et je suis ouvert à sa direction, attentif aux révélations qu'Il me donne par divers moyens qu'Il utilise à cet effet : ses enfants, la Sainte Bible, les circonstances, etc.

La meilleure école de préparation que tout enfant de Dieu devrait demander au Seigneur est l'école du brisement. "Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera." Jacques 4:10.

De même, "Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles." 1 Pierre 5:5.

17 - Une invitation importante pour le lecteur

Maintenant je m'adresse particulièrement à ceux qui ne sont pas encore disciples de Jésus : Si tu ne connais pas encore Jésus comme ton Seigneur, ton Sauveur, et ton ami, je veux te dire, cher lecteur bien-aimé, que Jésus-Christ est la Vérité. Il est une personne, il a un Nom, il veut vivre en chacun de nous. Il peut sauver quiconque invoque son Nom. Il n'existe aucun cas désespéré pour Lui. Achète-toi une Bible à la librairie chrétienne la plus proche, lis-la avec soif régulièrement. Découvre dans celle-ci le formidable ministère de Jésus de Nazareth dans le Nouveau Testament, souviens-toi toujours de ceci : "Jésus-Christ est le  même, hier, aujourd'hui et éternellement." Hébreux 13:8. Rapproche-toi des communautés chrétiennes où cette Parole est prêchée en Esprit et en vérité, sans compromis.

Ce que Christ a fait hier, il le fera aujourd'hui. Confie-Lui totalement ta vie, Il la comblera en ce moment et éternellement. ''…car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.'' Actes 4:12

Cher ami, chère amie, si ce témoignage a touché ton cœur, c'est la preuve de l'amour et du pardon de Jésus manifestés à la Croix. Mon but n'a pas été de te juger, te condamner, ou te culpabiliser. Je voudrais te rappeler que le péché d'Adam et Eve est une condamnation, et la malédiction de Dieu demeure sur toi : "Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu." Romains 3:23. Ainsi donc, que tu aies été dans les profondeurs de l'occultisme ou non, Jésus-Christ t'aime et il veut t'accueillir dans sa maison. Repens-toi de tes péchés et accepte-Le comme ton Seigneur et Sauveur personnel. "Si nous disons que nous n'avons pas de péchés, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous." 1 Jean 1:8.

La balle est donc dans ton camp. Jésus-Christ est l'unique solution pour toi qui es éprouvé par ce que tu  traverses en ce moment : maladies, épreuves, troubles de tout genre, échecs divers... Jésus-Christ est le chemin, la vérité et la vie.

"A Dieu seul, notre sauveur, par Jésus-Christ notre Seigneur, soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps, et maintenant, et dans tous les siècles ! Amen !" La Bible - Jude verset 25

 

Source : http://data.over-blog-kiwi.com/0/55/11/42/201307/ob_7b2851_des-liens-de-lesclavage-a-la-liberte.pdf

 

Autres ressources sur Fétiches

Témoignage de Megnanou, ex-sorcier

Témoignage de Tio-Chico, ancien sorcier

 

Autres ressources sur Marabouts

Témoignage de Sidoine, ancienne sorcière

Témoignage de Moussa Koné, ex-musulman

Témoignage audio de Moussa Koné, ex-musulman

 

Autres ressources pour Occultisme

Témoignage d’un ex franc-maçon converti

Témoignage de Mike

Témoignage de Nasir Isiaku, ex-musulman