Extraits de La Virilité Menacée, Nouvelle

Chers lecteurs de Enfants du Paradis,

Nous avons la joie de vous offrir cet extrait de La Virilité Menacée, 5e Nouvelle du Recueil Embrouilles Spirituelles.

Monsieur Tada est tiraillé entre la vie chrétienne et le respect des voies et traditions qui n’ont rien du tout de chrétien. La pression est forte comme c’est le cas pour ceux qui ont un passé spirituel très chargé. Gloire à Dieu, celui qui persévère avec Jésus-Christ triomphera toujours.

Bonne lecture, Dieu vous bénisse !

Couverture du livre

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Début de l’extrait

J’arrivai au bureau assez tôt et entrepris de faire des recherches sur « les rêves avec les morts, » « les repas dans les rêves, » « se voir tout petit dans les rêves, » je voulais comprendre.

Je tombai sur un texte de psychologie analytique de Gustav Yung. Il disait des choses qui compliquaient tout. Il parlait de l’Inconscient qui était lisible par les rêves… et que les rêves révélaient le vrai « soi »… bref, il discourait que les rêves avaient un caractère informateur sur le cours de la vie du sujet.

A l’écouter, je devais simplement analyser mes rêves suivant des règles et j’allais découvrir une leçon que mon Inconscient tenait à me donner.

Hum ! Ne rejoignait-il pas mon collègue initié à la tradition ? Je fus déçu car tout le texte, aussi long qu’il était, m’avait pris du temps et au bout du compte ? Il m’informait que le « soi » invisible me demandait de l’écouter et de prêter attention à son message. Qui donc était plus éclairé sur la question ?  Yung ou mon collègue guérisseur qui semblait voir l’invisible ?

Dès que le collègue occupa son bureau, il me dit :

― Et alors, mon collègue est-il prêt ?

― Prêt pour quoi ? demandai-je.

Afin qu’il ne soupçonnât pas l’objet de ma recherche, je revins sur les journaux nationaux. Mon collègue avait un Master en Philosophie et aurait compris facilement.

― As-tu appris le « fait divers » qui a eu lieu dans le 7e arrondissement ? demandai-je.

― Tu es fou. Vous les chrétiens faites pitié ! Vous mettez les choses urgentes et importantes de côté et vous vous intéressez à ce qui ne vous aidera en rien. Ça ne m’étonne pas que tu sois encore célibataire à ton vieil âge. La fonction publique a besoin de chefs de famille responsables. Le célibataire, ça ne vaut rien.

Je le regardai mettre de l’ordre sur son bureau et dans ses dossiers. Sans relever la tête, il continua :

― Tu fais comme si tu n’entendais pas, alors que tu sais ce qui se passe « en bas ».

― Ça va pour le moment, répondis-je.

― Ne te fie pas aux apparences. Fais ce qu’on te dit et tout ira bien. As-tu bien dormi ? demanda-t-il.

― Hmmm… fis-je.

― Tu vois que tu ne dors plus bien, reprit le collègue. L’art du têtu ne te servira à rien ; l’intellectualisme ne te servira à rien. Quand les médecins auront diagnostiqué ton mal, viens donc m’informer.

A ses paroles, le malaise me saisit ; la sueur me surprit ; mon corps écoutait l’homme et s’ajustait à ses alarmes. Toutefois, la douleur des jours précédents ne se signala pas.

― Es-tu d’accord qu’ils te disent ce qu’ils réclament de toi ? demanda-t-il.

― Hm. Fis-je.

― Dis « oui », dis « non » ; choisis une réponse. C’est dans ton intérêt ; aveugle de ton état, rétorqua-t-il.

― Euhhh… Oui ! répondis-je hésitant.

― Ils te parleront, sois-en sûr. Tu sais la vie n’a pas pitié des idiots et il vaut mieux naviguer à vue.

Je me sentis insulté et pris au piège. Je trouvai une excuse et quittai le bureau. J’avais besoin d’air. Je me dirigeai au restaurant et pris machinalement un café ; .j’étais anxieux et embrouillé.

Je passai la journée sans douleur et mes échanges avec le collègue se réduisirent au travail.

Le culte du soir se passa comme à l’ordinaire. Sista Eddie voulut savoir si j’avais remarqué quelque attitude suspicieuse d’un ami ou d’un collègue.

― Calme-toi ! répondis-je, c’est Dieu qui est fort ; l’homme que tu vois n’est rien.

― Ah ! Tu sais, je prie pour toi et je sais que le Seigneur veillera bien sur toi. Qu’à cela ne tienne, sois vi-gi-lant ! acheva-t-elle.

Sur le chemin vers la maison, les douleurs reprirent alors que j’étais sur la moto. Après la toilette, je ne pus m’empêcher de songer à ce qui se passait ? Mes rêves, et Sista Eddie avec ses rêves, et la psycho analytique, et mon collègue… je me sentis exposé et menacé de l’Invisible ; à la limite, je me sentis épié. Qu’est-ce qui se tramait dans le virtuel ?

Je me mis à genoux pour prier et le sommeil eut le dessus. Je me réveillai sur la moquette ; le cœur battant, alerté par la terreur des images oniriques. J’avais aussi des maux de tête.

« Tu nous appartiens, » disaient-ils dans le cauchemar.

C’étaient des hommes masqués, ils étaient habillés tous en atours des danses traditionnelles on dirait des danseurs dans une cérémonie cultuelle de mon village.

Tu étais choisi pour être prêtre de notre dieu et tu t’es refugié à l’église… disait le premier masqué.

Ça fait des années que nous désirons que tu nous reviennes. Tu es resté sourd à toutes nos demandes. Désormais, nous prenons tous tes enfants, disait le second, à moins que tu ne reviennes avec nous.

Si tu préfères Celui de l’Eglise, sache que tu n’auras pas d’enfants de toute ta vie. Nous espérons que tu comprends le pourquoi des douleurs et le pourquoi des résultats négatifs des examens. Tu nous appartiens, achevait le troisième.

J’étais révolté. « J’appartiens à Christ, » ripostai-je intérieurement.

L’appétit me manqua et je dus aller au boulot sans petit déjeuner. A peine pus-je dire à Dieu : « Seigneur, je ne comprends pas pourquoi tu n’as rien fait pour me garder de ces gens. » Aujourd’hui que je vois les choses différemment, il est clair que ma prière était une accusation directe à l’endroit de Dieu. Puisse Dieu me pardonner dans sa grâce.

Mon collègue était matinal et nous étions déjà jeudi. Notre service devait faire le point pour la réunion mensuelle du lendemain.

Nous pûmes échanger quelque peu.

Après que je lui eus raconté le cauchemar, il me dit :

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― Tu fais pitié ! Tu laisses les traditions de tes ancêtres pour suivre un « Jésus » importé d’on ne sait où. Tu es fou et voilà ce qui t’arrive.

― Jésus est le Roi des rois et ces gens bluffent, ripostai-je.

― Avaient-ils l’air de blaguer ?

Je gardai le silence, ne sachant que répondre. C’est le collègue qui reprit :

― Va donc te marier et nous verrons si l’enfant vient. Tu es adulte ; cesse de faire le fainéant. Ton entêtement veut dire que ceux qui servent nos religions traditionnelles sont damnés. Est-ce bien ça ?

― Je n’ai pas dit ça, ripostai-je encore.

― Ton attitude le dit. Laisse-moi tranquille. Il est trop tôt pour que je m’énerve. Bientôt tu vas sentir ce que ça fait quand l’homme ne peut plus produire du lait. C’est du silence éternel en bas ; il me semble que tu as fait la D au lycée. Tu comprends mieux que moi à quoi sert la testostérone. (En série D, les sciences biologiques dominent.)

Sa remarque me piqua jusque dans l’os et je voulus lui fournir une réponse qui tienne :

― Hm… mais…

― La pauvre fiancée, reprit-il, elle s’appelle comment déjà ? Avec elle le goût c’est comment ? Ahhh ! C’est le frère en Christ ! Le frère Tada ne goutte pas avant le mariage ! Eh ! Oui ! Et c’est pourquoi ça ne te dit rien. Vous êtes les saints de Dieu !/

Fin de l’extrait

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