Extraits de Provocations Sensuelles, Nouvelle

Chers amis et lecteurs,

Nous vous proposons un extrait de Provocations Sensuelles, 4e nouvelle de Confusions Spirituelles, qui traite de la sexualité de l’homme chrétien.

L’histoire met en avant la force des préjugés et surtout la fidélité de Dieu quand surgit en l’homme chrétien des envies folles et affolées. Sans tabou, l’histoire ébranle la gêne que les chrétiens fidèles ont lorsqu’il s’agit de parler de questions sexuelles.

Puisse Dieu vous accorder une bonne lecture ! Nous vous remercions d’avance pour vos appréciations et commentaires.

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Début de l’extrait

J’ouvris la clé. Elle ne portait aucun nom et elle donnait l’impression d’avoir été achetée juste pour cette mission. Cette impression se renforça après la lecture de la lettre. L’insolite du contenu me ravit l’esprit et je perdis de vue que trois heures étaient près de sonner. La lettre était longue, étonnante et imprévisible. Elle disait :

Cher ami,

Toutes mes excuses si la lecture de ces mots devait te choquer. Je suis désolé d’avoir opté pour ce moyen pour te communiquer ma pensée. Point n’est besoin de préciser mes coordonnées car j’ai voulu les choses ainsi. Tu as la liberté de détruire le fichier et d’utiliser la clé si tu le désires. Tu peux aussi jeter le tout aux ordures. Je tenais néanmoins à te dire ces quelques mots.

J’ai fait mon possible pour te pousser à te marier. Voici bientôt quatre ans que nous sommes collègues et tu n’es même pas fiancé. A ton âge, tu sais, ça fait bavarder. Je suis gêné malgré moi. En ton absence, tout le monde s’inquiète de ta virilité. D’aucuns se demandent si tu es normal. D’autres pensent que tu serais un pédé qui ne veut pas l’avouer. Le vrai problème est qu’on ne t’a pas souvent vu en gentille compagnie comme tout le monde et tu es toujours seul. Je n’ai pas eu le courage de te demander sincèrement si tu es normal et si tu fonctionnes normalement comme tout homme, par respect de la crainte que tu as pour le Seigneur Jésus.

Personne ne peut te reprocher quelque comportement déplacé, que ce soit dans le travail, que ce soit dans tes relations avec les collègues. Mais, ta vie sentimentale fait jaser et sincèrement, je voudrais que tu te trouves une épouse afin de stopper rapidement tout ce qui se dit dans ton dos. Je sais que tu es tout le temps à l’église et que ton service y est irréprochable ; sinon le chef du personnel l’aurait su, puisque son épouse adore Dieu dans ton église.

Entre amis, dis-moi : Es-tu normal ? Te sens-tu vraiment bien dans le sous-vêtement ? Est-ce que ton attirance est nette envers les femmes ? Excuse-moi de te poser de telles questions, tu sais nous vivons une période étonnante. J’apprends sur internet que certaines églises en Amérique tolèrent l’homosexualité. Tu sais, si c’était ton cas, je comprendrai et je ne te jugerai pas. Je veux seulement t’aider à voir clair dans ta situation. Après tout, je pense que tu as besoin d’être heureux et si un secret comme celui-ci était caché en toi, je peux imaginer combien douloureuse est ta souffrance.

Au cas où tu es choqué par la lettre, fais comme si de rien n’était et je comprendrai ; auquel cas je te prie de recevoir mes excuses. Mais si tu estimes que je n’ai pas tort, tu peux toujours m’écrire aussi. Je veux seulement que tu connaisses ces autres plaisirs de la vie et que tu sois plus heureux.

Il ne manquait plus que ça !

« Seigneur Jésus, au secours ! J’aurais dû m’endormir plus tôt ! Je me disais que cet homme était bien et voilà qu’il le confirme ! Comme ça ils jasent tous sur mon dos et lui seul a été assez courageux pour chercher la vérité ! Je suis entouré d’hypocrites. Ils font de mon nom le sujet de curiosités déplacées ; c’est à croire qu’ils n’ont rien à faire ! » contestai-je à haute voix.

Indifférent à la lettre ? Oui pourtant. J’eus l’impression du déjà vécu.

« Mes élèves le murmurent. Mes voisins le chuchotent et j’en suis habitué, voire vacciné. Je me demande si mon supérieur avait besoin de tant de précautions pour s’adresser à moi… au moins a-t-il osé !

« Il faudra que je lui réponde ; que je lui réponde de vive voix. Ma nudité a été exposée à Dieu tout à l’heure et le Christ lui-même sait tout de moi. Je vais bien, je fonctionne bien…

« Je fonctionne bien… Comment ça « je fonctionne bien ? » Mon Dieu ! Comment puis-je dire que je fonctionne bien ? Je ne sais même pas comment se fait une caresse, un baiser. Que ressent-on dans la relation sexuelle ? Seigneur ! Dans ce territoire, je suis un étranger qui s’ignore ! Et si mon collègue a eu raison de m’envoyer un fichier numérique ?

« Que lui aurais-je répondu en face. Que je suis normal ? Que je fonctionne bien ? Puis-je le dire ? Ai-je des arguments subjectifs et objectifs pour dire que je fonctionne bien ? N’est-ce pas mon épouse qui pourra dire à ses copines au sujet de mon bon fonctionnement ?

« L’érection suffit-elle pour affirmer que tout va bien ? Si je fonctionnais bien, j’aurais déjà séduit une sœur et l’aurais épousée. Mes parents ne sont pas comme ceux de Samuel, sinon ils m’auraient déjà choisi une femme… Pas si sûr car son grand-frère de 26 ans n’est pas encore marié, même pas fiancé. Un homme normal laisserait-il le choix de sa femme à ses parents ou amis ?

« Samuel est pourtant normal puisque son épouse attend déjà un enfant. Certes, bien fonctionner signifierait-il fertilité ? Sans doute du moment qu’il faut virilité avant fertilité. A moins que le collègue me dise ce qu’il entend par « fonctionne bien ».

« Je dois lever le tabou. Je parlerai de sexe ouvertement. Pas de sexe en général puisque je l’ai souvent fait, même avec mes élèves. Il s’agit de ma sexualité. Suis-je seulement rapporteur des théories ou suis-je du nombre des élus, c’est-à-dire du nombre de ceux qui fonctionnent bien ? » L’intérêt de trancher la question réussit l’assoupissement de mes yeux. Je me surpris à constater que j’avais finalement dormi.

Il était six heures quarante-cinq et je devais faire vite. J’eus quinze minutes d’actions de grâces et me proposai de lire la Parole de Dieu pendant la pause du midi.

J’arrivai au bureau juste après neuf heures et saluai mon supérieur. Il n’était pas d’humeur à taquiner et je dus m’esquiver rapidement. Comment allais-je introduire la conversation sur mon intimité ?

Pendant la journée, le contact avec lui demeura difficile. Le courant entre nous resta tendu et menaçant. Je me résolus à l’évidence qu’il n’avait pas eu tort de m’écrire par la voie numérique. Allais-je emprunter sa méthode ? J’avais opté de lui parler en face ; mais allais-je pouvoir le faire ? Mon approche allait-elle aboutir ou allais-je finir par lui envoyer un tapuscrit aussi ? Pour la première fois, je réalisai que sa demande habituelle : « As-tu dormi accompagné ? » m’avait manqué et j’éprouvai de l’affection pour cet ami qui s’inquiétait de ma vie sentimentale. Je ne pus insérer la discussion ce jour-là et dus supporter jusqu’au lendemain mardi.

Le mardi, je n’avais pas cours et arrivai plus tôt à l’entreprise. Mon supérieur était absent et ce fut pour moi l’occasion de le devancer. L’idée de remplir sa clé de mes réactions et réponses me traversa l’esprit sans conviction. Il arriva peu avant huit heures et c’est moi qui lui demandai s’il avait bien dormi, s’il avait été bien accompagné. Surpris, il me regarda fixement, étonné par ma question. L’idée de sourire éclaira mon visage et il acquiesça brièvement de tête. Toutefois, ce n’est que le vendredi matin que je me jetai à l’eau. Ma première question fut bien maladroite :

― Comment un homme peut-il savoir qu’il fonctionne bien ?

Mon chef oscilla paresseusement la tête. Il ne comprenait pas, ou peut-être ma question était-elle stupide ? Il regarda dans la direction de « l’intime organe » et me demanda :

― Il fonctionne bien ?

Interprétant la direction de son regard, je répondis :

― Tout va pour le mieux.

Je n’avais pas prévu la suite. Il renchérit :

― As-tu déjà fait l’amour ?

Là, j’étais perdu. En fait, j’étais troublé et perturbé. Je n’avais pas de réponse. C’est quoi faire l’amour ? Je lui demandai d’expliquer la question. Devant le constat de mon embarras, il revint à sa question.

― As-tu déjà couché avec une femme ?

Je lui répondis :

― Non, pas encore.

La honte me saisit d’un coup. J’avais honte d’être à cet âge sans connaissances pratiques sur « l’amour ». Pourtant, je n’avais pas péché et le savais. Mais, j’avais honte malgré moi. Je commençai à regretter le voulu du face à face.

― Et avec un homme ? demanda-t-il.

Le comble ! Il n’était donc pas timide celui qui avait choisi la médiation de la clé USB ! Cette hardiesse à pousser le bouchon renforça mon regret. Pourtant il fallait aller jusqu’au bout. Pourquoi telles questions ? La Bible ne condamne-t-elle pas ouvertement l’homosexualité ? Alors pourquoi me demander si j’avais déjà commis tel péché ? C’est vrai que le préjugé du célibat tardif fait courir les imaginations, mais son allusion à cette orientation sexuelle m’était inattendue. Du moins de sa vive voix car je le pensais assez timide pour avoir pris le détour du PDF. Il fallait procéder cependant. Je lui retournai sa question :

― Et toi, as-tu déjà couché avec un homme ?

Ma question rencontra son silence et notre conversation s’immobilisa.

Motivé par l’effort investi pour atteindre ce niveau d’échange, je voulus insister. En effet, je n’avais pas de garanti que tel courage serait au rendez-vous le lendemain. Je lui posai à nouveau la question :

― As-tu déjà couché avec un homme ?

Mon chef resta silencieux et éloigné du regard. Je voulus encore insister, mais son silence me copta au silence. Je m’éloignai pensif, curieux et interpelé. Les questions se bousculaient dans mes pensées.

Fin de l’extrait

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