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Chers bien-aimés lecteurs,

Nous vous offrons avec grand plaisir un court extrait de L’Illusion des Bains Rituels, 4e Nouvelle du Recueil Embrouilles Spirituelles.

Le texte ci-dessous traduit le conflit entre l’Evangile et les traditions de purification à l’exemple des bains rituels. Si le candidat au lavage croit naïvement laver la malédiction ou la malchance, s’il croit vraiment laver son aura pour plus de bonheur, il reste indéniable que le laveur a bien souvent des intentions contraires à son discours.

Le bain de Jésus-Christ est efficace et éternellement satisfaisant ; le saviez-vous ?

Bonne lecture à tous ; Dieu vous guide.

Couverture du livre

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Début de l’extrait

Si encore Deyavi ne m’avait pas trahi par dessus !

« Tu vas voir ! » m’avait-il dit. « Avec ta nouvelle influence spirituelle, ton dossier est déjà passé et d’ici la fin du mois, ton recrutement est un acquis. » J’avais alors 28 ans, aujourd’hui, 38. Dix ans que mon recrutement dans leur port est un acquis. Dix ans que j’attends le meilleur du pays. Combien de gens a-t-il ainsi abusés au nom de son dieu ? Et quel dieu ? Le dieu de … !

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Nous étions samedi et Ali arriva chez moi dans les environs de midi. Je dormais encore.

― Bonjour. Entre et mets la télé si tu veux, lui dis-je tout en courant vers la chambre ; trop parler risquait de briser le fil de mon sommeil.

― Tu dors quoi comme ça au point de ne pas accueillir les amis ? riposta-t-il.

― Mon frère, le sommeil-là est bon jusqu’à. Il y a un match sur le satellite ; mets-toi à l’aise, lui adressai-je.

― Jamais ! dit-il se dirigeant droit vers la chambre.

C’était fini. Quoi que je fisse, je n’allais plus reprendre le sommeil où je l’avais laissé. Mieux valait se résigner tout de suite. Il tira les draps, les mit en tas et s’assit sur le bord du lit avant de continuer :

― Je suis curieux que tu me racontes les choses. Si tu as fui hier, c’est que tu as des cachoteries qui te gèrent.

Assis dans le lit et adossé au chevet, j’engageai :

― Puisque tu y tiens, qui devait laver les parties d’après toi ?

― Voilà ! C’est là la question que tu devais poser plutôt que tes fâcheries enfantines.

― Et alors, comment ça se passe souvent ? repris-je.

― Dis-moi plutôt ce qui s’est passé, rétorqua-t-il.

― Pourquoi n’es-tu pas marié ? J’ai remarqué que les gens qui sont dans ces choses là aiment distribuer les enfants à travers le pays sans jamais s’attacher à fonder un foyer.

Après un instant de réflexion, Ali expliqua avec sérieux :

― Tu sais, la libération spirituelle demande des sacrifices et ce n’est pas facile. Trouver la compatibilité affective qui tient n’est pas donné et c’est pourquoi ce que tu remarques est pertinent. Et comme les filles aiment l’argent et les mecs bons chics, bons genres… Elles aiment être soutenues et pour nous c’est facile ! Moi par exemple, j’ai trois enfants de trois filles différentes. A la fin du mois, je remets à leurs mères de quoi les élever et c’est plus cool…

Par ses explications, Ali donnait l’impression d’être satisfait. Il semblait convaincu d’avoir fait les bons choix.

― Et toi qui te prétends fils de Jésus, pourquoi n’es-tu pas marié ? demanda-t-il.

― Mon frère laisse comme ça, répondis-je. Avec toutes les galères qui veulent me finir, comment faire ? Je n’arrive même pas à supporter mes propres charges ; ce sont celles d’une femme que je supporterai ?

― Mais il y a les femmes riches, surtout dans nos milieux ! Si tu veux…

― Excuse-moi, interrompis-je. Hier était mon dernier essai d’entrée dans votre milieu. Si un Deyavi est accepté parmi vous, c’est que vous ne valez rien spirituellement ; je suis désolé.

― Apparemment c’est lui qui t’a lavé les parties, dit-il, me donnant des coups sur le côté.

― A ce que je vois tu en as abusé toi aussi ! répliquai-je.

― Tu sais, des secrets, il y en a dans toutes les confréries spirituelles et tu comprends que…

― Aaahhh bon ! Et comme ça, tu veux manger le piment dans ma bouche! contestai-je.

 (Tu veux manger du piment dans ma bouche ! est une expression africaine pour dire : « Tu connais la vérité, tu la redoutes et c’est de ma bouche que tu veux l’entendre ! Tu attendras longtemps.)

― En fait… C’est curieux d’entendre comment les autres perçoivent ces choses… essaya-t-il.

― Méchant frère ! ripostai-je. Vous vous amusez donc des autres ! Vous prenez vos plaisirs pervers au nom d’une prétendue entité spirituelle ! Depuis le crime qu’il m’a commis, l’entité en question a fait quoi pour moi ? Quand je sors chercher du travail, elle est où ? Quand j’ai faim, elle est où ? Quand j’ai failli perdre la vie en pleine forêt, elle était où ? Je ferai bien de préférer le Jésus de Papa Marca. Avec lui au moins, il n’y a pas de secret traumatisant.

― Mais tu pleures ? Tu sais, certaines personnes deviennent accrocs et en redemandent ! Tous n’en font pas une histoire comme toi. C’est toi qui dois avoir des problèmes. Tu sais, il y a des choses qu’on fait et on se tait. Quand l’occasion se présente, on les fait et on se tait. Si tu ne veux pas en parler, OK ! Mais cesse de jouer la victime ! Ton problème, c’est toi-même.

― Ah ! Bon ! Moi-même ! dis-je vexé.

― Tel que je comprends, tu t’es rebiffé, et vous en êtes restés à la séance d’introduction. En le critiquant et en lui disant des choses méprisantes, pouvait-il encore te grandir spirituellement ? Je suis désolé, les choses ne sont pas comme ça. Tant qu’il t’a devancé dans la confrérie, tu devais l’écouter et le suivre religieusement.

― Vous êtes vraiment les derniers au classement. Votre égo vous causera du tort un jour. Quand Salim travaillait, tu sentais qu’il avait même le souci de laver quelque malchance de moi et me faire renaître homme nouveau. Tel que tu parles, Deyavi prenait son plaisir… tu parles d’initiation !

Constatant qu’Ali était touché, je pressai l’offensive.

― Le bain de Salim était altruiste, le vôtre est égoïste. Voilà !

― Si seulement tu savais ! reprit-il. Voilà comment vous les profanes êtes naïfs ? Il n’y a rien pour rien au plan spirituel. C’est pourquoi il y a des choses que tu dois apprendre. Si tu restes ignorant, c’est toi qui feras toujours les frais. Même si tu nous trouves dégueu, saches que Salim n’est pas meilleur que nous. Laver un client a toujours des gratifications. Chez nous au moins, la navigation est à vue et si tu avais voulu des explications sur les jeux sensuels et sadiques qu’il t’a fait ressentir, il t’en aurait donné. Le marabout sur ce plan n’est qu’un exécutant d’une routine spirituelle qui lui est imposée par son esprit guide. Qu’est-ce que tu crois ?

― Et le bain de Legrand ?

― C’est qui Legrand ? 

― C’est une autre histoire. J’ai faim. Je prends une douche rapide, je fais une omelette et on suit la finale du Roland-Garros, c’est à quatorze heures trente minutes.

― Roland-Garros c’est quoi ? Nul n’ignore que Nadal va reprendre le trophée, épargne-moi le déjà vu. Je t’attends au salon.

Une fois mon bain terminé, nous reprîmes notre conversation.

― Sais-tu que Deyavi était un excellent choriste au collège et même à l’université ? relançai-je.

― Et après ? réagit Ali. Il vivait chez papa et maman. A la fac il a connu l’autre face de la vie et il a fait son choix. Et même ! Où est le problème ?

― Le problème ? Ce qu’il pratique est anti-biblique, répondis-je.

― Et après ? Il a un bon travail ! Il est craint et respecté dans son entreprise ! Il a les filles à ses pieds ! Il a une belle villa ! Il est heureux. Que veux-tu encore ?

― C’est un pervers, et je ne t’ai rien dit des atrocités qu’il a faites et qu’il m’a fait faire...

― Il t’a bien frotté les parties à ce que je vois. C’est ça ! Tu tournes et tu n’arrives pas à le dire. Tes scrupules de chrétiens commencent à m’énerver. Dis-moi : tu ressembles à qui chez vous ? Le collège chrétien ne t’a pas fait du bien crois-moi ; dit Ali d’un air suffisant.

― Là je corrige ; le collège représente les années de paix de ma vie. C’est après le départ de Papa Marca et de Tantie que mes problèmes ont commencé.

― Je vois, dit Ali pensif, et c’est comme ça qu’il est allé mettre du désordre dans toute la famille au Bénin. Jour et nuit il fatigue tout le monde avec ses critiques et il a déjà chassé la moitié des clients de ton père par ses « Jésus n’aime pas les fétiches ».

― C’est la vérité ! Même si cette vérité fâche. Les fétiches sont à la gloire des esprits impurs, appuyai-je.

― Toi aussi ? C’est à croire que vous seuls détenez la vérité. Etes-vous si parfait que ça ? Les bains de purification existent dans toutes les religions du monde. Tu contestes la terre entière !

― Le chemin de la vie est étroit et resserré. Peu de gens le trouvent. Fais le constat par toi-même. Est-ce que les bains rituels rendent les gens meilleurs ?/

Fin de l’extrait

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